Ved Prakash : « Je N'ai Pas Autorisé EIILM à S’implanter A Maurice »

8 years, 10 months ago - August 29, 2013
Le président de la University Grants Commission (UGC), instance régulatrice des institutions tertiaires indiennes, a déclaré jeudi au Défi-Plus n'avoir donné aucune autorisation pour la création de l'EIILM University Mauritius Branch Campus.

«Aucun souvenir d'avoir permis à l'EIILM University de s'implanter à Maurice », nous a déclaré Ved Prakash, président du conseil d'administration de la UGC. Sa collaboration avec la Tertiary Education Commission (TEC) date de 15 ans. « The long standing relationship between the two commissions which have collaborated for the last 15 years in the areas of educational exchanges, linkages and cooperation for building capacity and improving tertiary education », peut-on lire dans un extrait du protocole d'accord signé en 2010.

Cet accord entre les deux instances régulatrices est renouvelé chaque trois ans, apprenons-nous de la UGC. En 2007, une délégation mauricienne comprenant plusieurs cadres de la TEC et de hauts fonctionnaires du ministère de l'Éducation s'était rendue en Inde en vue de renouveler un accord entre les deux partis.

Il nous revient que la clause 10 de cet accord stipulait que la TEC « is commited to contact the UGC when it comes to recognize any Indian universities and for the recognition of their courses in Mauritius ».

Accord entre la TEC et la UGC
Le dernier accord renouvelé entre la TEC et la UGC, datant de 2010, vient spécifier dans la clause 12: «Both parties commit themselves to collaborate on issues, pertaining to recognition and equivalence of qualifications according to the rules and procedures in the respective countries (in terms of quality and standards). Both parties agree to initiate actions with their respective governments to facilitate mutual recognition of qualifications/degrees recognized in their respective countries », peut-on lire dans le Memorandum of Understanding (MoU) signé en 2010.

C'est dans la logique de ces différents accords signés que la position de la UGC semble plus que jamais « cruciale », lorsque les institutions d'enseignement supérieur indiennes viennent s'installer à Maurice. C'est dans cette même perspective que la UGC a fait savoir dans une Public Notice publiée le 27 juin : « The Commission has taken a serious view of these misleading advertisements appearing in various newspapers. It is therefore clarified for the information of all concerned, including students and parents that:  « A Central State or State Government University can conduct courses through its own departments, its constituent colleges and/through its affiliated colleges; 

A University established or incorporated by or under a State, all shall operate only within the territorial jurisdiction allotted to it under its Act and shall and in no case beyond the territory of the state of its location;

The private Universities and deemed universities cannot affiliate any college or institution for conducting courses lending to award or its diplomas, degrees or qualifications ».

L’enseignement supérieur privé – En chiffres
L’industrie de l’enseignement supérieur privé se porte particulièrement bien. Elle bénéficie d'une croissance soutenue depuis de nombreuses années. Sur la balance économique mauricienne, elle dépasse Rs 1,5 Md par an. Les derniers chiffres officiels, publiés en juin 2012 par la Tertiary Education Commission (TEC), indiquent que 13 464 personnes suivaient des cours d’enseignement supérieur dans des institutions privées. 

Avec une croissance annuelle d’environ 10 %, le chiffre de 15 000 a dû être atteint entre-temps. Au niveau des établissements publics, 22 442 personnes étaient inscrites l’année dernière. Ici, c’est l’Université de Maurice qui se taille la part du lion avec 11 239 inscrits début 2012. Le pays compte un peu plus de 60 institutions postsecondaires. Certains établissements offrent des cours certifiés par la Mauritius Qualifications Authority (MQA). 

D’autres sont enregistrés auprès de la TEC et doivent y faire valider leur programme. Sans conteste, le numéro de l’enseignement tertiaire privé à Maurice est la London School of Accounting avec 1793 élèves en décembre 2011. 

On retrouve ensuite le Charles Telfair Institute avec 1 510 élèves et la BSP School of Accounting & Management avec 732 étudiants. La Mauritian Management Association, avec 604 personnes inscrites, 4e, suivie du SSR Medical College avec 538 élèves. Dans les institutions privées, les cours les plus demandés ont trait à la comptabilité (5 016 étudiants), suivi de l’administration/gestion (1992) et le Business/ Commerce/ Marketing (1 287).

« Aucune inquiétude »
Au niveau de trois de ces institutions, les responsables semblent afficher la sérénité. À l'instar d'un des directeurs de Mauras, Sunil Bheeroo, qui affirme : « nous sommes affiliés à une université d'État et sommes en règle. La Public Notice ne nous concerne pas. Il faut souligner que l'UGC n'équivaut pas à la TEC. Nous avons déjà répondu aux questions de la TEC ». 

Même son de cloche du côté de JSS Academy, qui affirme être « affiliée à la Ves Veraya Technological University (VTU) et a investi un demi-milliard de roupies pour opérer à Maurice ». Pour ce qui est du directeur de l'EIILM University, il se dédouane de toute cette polémique en avançant le fait que son université est un « offshore campus » tandis que l'UGC « n'a fait que cibler les « off-campus centres ».

‘Education hub’ en pleine turbulence
L’ambition de faire de Maurice un Education Hub pour la région prend de sacrés coups. Depuis août, quatre événements sont venus entacher la réputation mauricienne en la matière. Le premier concerne Oceana International Business School. Suite à une enquête initiée après des plaintes d’étudiants indiens, la TEC a décidé, le 2 août 2013, de ne pas renouveler son accréditation. 

Le 31 juillet, 35 jeunes étudiants népalais et cinq Indiens, venus à Maurice pour faire des études dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme, manifestent devant Dimensions International Education Group (Mauritius) à Pamplemousses. Une situation réglée depuis. Puis il y a la Public Notice de l’UGC du 27 juin, où celle-ci indique n’avoir donné aucune autorisation à une université indienne de délivrer des diplômes ou d’offrir des cours à l’étranger. A priori, cinq institutions mauriciennes sont concernées. Avant de prendre une décision, la TEC a demandé des éclaircissements à ces établissements et à la UGC. Dernier événement : la SSR Medical School n’est plus autorisée à recruter de nouveaux étudiants le temps qu’elle se mette en règle avec les normes établies par la TEC. La TEC a pris cette décision mercredi. Ici encore, plusieurs étudiants étrangers, notamment en provenance de l’Inde, sont concernés.

Study Mauritius : portail qui se veut vitrine
Lancé en février 2011, Study Mauritius se veut être la vitrine internationale de l’enseignement supérieur mauricien. L’objectif était de faire venir 50 000 étudiants étrangers d’ici 2022. Deux ans et demi après le lancement, le bilan est plutôt mitigé car Maurice en compte environ 2 000. Study Mauritius, qui tombe sous le ministère de l’Enseignement supérieur, tenait un bureau au premier étage de la Cybertour 1 d’Ébène. Vu le taux de fréquentation plutôt bas, décision a été prise de le déménager au 11e étage, là où se trouve le ministère. 

« Nous ciblons surtout à travers notre portail studymauritius.info. C’est grâce à cela que nous faisons connaître Maurice comme une destination où l’on peut faire des études supérieures », explique-t-on au ministère. Le portail a la tâche de faire le lien entre les institutions, agents recruteurs et ambassades, entre autres, pour aider Maurice à devenir cet Education Hub dont rêvent les gouvernements successifs depuis le début de ce millénaire. Mais plus important encore, c’est la vitrine pour tout étranger s’intéressant à Maurice pour des études. Une tâche monumentale.

Quel recours légal pour les étudiants?
Pour l'avocat Reza Uteem, il s'agit d'abord de bien situer les responsabilités dans cette affaire. Il faut, selon lui, essayer de savoir si la Tertiary Education Commission (TEC) avait le droit de donner son accord à ces cinq universités. « Il faut également tenter de savoir si la TEC s'est basée sur des informations erronées avant d'autoriser ces institutions à s'installer à Maurice », dit-il. 

Ainsi, pour l'avocat, « si les enquêtes mènent à la conclusion que ces universités n'avaient pas le droit d'opérer à Maurice, les étudiants peuvent les poursuivre pour rupture de contrat dans la mesure où ils ont payé pour avoir un brevet et que finalement, ils ne pourront l'obtenir en raison de l'invalidité de l'institution. »  Selon Reza Uteem, si l'enquête venait à prouver qu'il y a eu des manœuvres délibérées de la part de ces institutions pour « tromper » la TEC, les étudiants peuvent alors poursuivre ces universités pour escroquerie.

La TEC enquête
Pour la Tertiary Education Commission (TEC), pour le moment, il n’est pas question d’interdiction à telle ou telle institution d’opérer tant que les choses ne sont pas nettes.

« Nous souhaitons obtenir des informations plus précises auprès de la University Grants Commission (UGC) ». C'est ce qu'a déclaré l’Officer in charge de la TEC Sabheer Kasenally. Il ajoute que « la TEC a déjà ouvert une enquête suite à la parution de cette Public Notice qui date du 27 juin. » Le sujet a également été longuement abordé en début de semaine lors de la dernière réunion du Conseil d’administration de cette instance de régulation du secteur de l’enseignement supérieur.

La TEC a aussi demandé aux institutions d'enseignement supérieur concernées à venir s'expliquer, mais elles lui ont toutes fait savoir qu'elles n'avaient rien à se reprocher. C'est dans cette optique que la TEC a écrit à l’UGC en vue d'obtenir plus d'éclaircissements à ce sujet. La TEC a aussi sollicité l'intervention de l'ambassade mauricienne en Inde pour faire accélérer les choses.

En première ligne des institutions concernées, il y a l’Eastern Institute and Integrated Learning Management (EIILM) University (Mauritius Branch Campus). Incorporée en 2005 et pilotée à l’époque par le Ramnath Jeetah Trust, celle-ci est inaugurée par le Premier ministre Navin Ramgoolam le 10 mai 2007.

Sous le gouvernement MMM-MSM, le Trust, comprenant Ramnath Jeetah, propriétaire du collège Eastern, et ses enfants, reçoit un terrain à bail à la Cybercité d’Ébène pour y construire son immeuble servant à abriter l’institution.

Selon le Registrar of Companies, les actionnaires actuels sont London Business Global Solutions (qui est le Qualified Trustee du Ramnath Jeetah Trust), London Brokers Ltd, London Risk Ltd et Sunil Jeetah. Enregistrée comme un 'branch campus' auprès de la TEC, elle propose 10 cours à ses 400 élèves. Ils vont de la licence en gestion des affaires, à la maîtrise en administration des affaires, en passant par la licence en journalisme et en communication de masse et le doctorat en gestion et administration. Cet établissement d’enseignement supérieur ne délivre cependant pas de diplômes. C’est l’EIILM University de l’Inde qui le fait. Cette dernière est une université reconnue par l’University Grants Commission (UGC) depuis le 24 mars 2006.

L’EIILM voit le jour en 1995 et est implantée dans le district indien de Sikkim. Elle accède au statut d’université grâce à un texte de loi voté par le gouvernement de Sikkim début 2006. Elle compte deux branches, à savoir celle de Maurice et une autre à Calcutta.

Depuis sa mise en opération, la branche locale de l’EIILM University a défrayé la chronique à plusieurs reprises. À commencer par le nom. D’abord appelée Eastern University, l’Opposition et d’autres institutions d’enseignement supérieur ont protesté arguant qu’elle n’avait pas le droit de porter l’appellation d’université. Aujourd’hui, c’est sous le nom d’EIILM University (Mauritius Branch Campus) que les cours sont vendus.

Ensuite, il y a eu toute la polémique de la reconnaissance des diplômes. L’Opposition a régulièrement posé des questions à ce sujet à l’Assemblée nationale. Les ministres Dharam Gokhool, Vasant Bunwaree et maintenant Rajesh Jeetah ont eu à défendre l’antenne locale de l’EIILM et rassurer la Chambre que tout se déroulait dans la légalité et que l’établissement avait tout a fait le droit légal d’opérer à Maurice. Sunil Jeetah soutient que son établissement d’enseignement supérieur n’est pas concerné par cela.

C’est quoi un 'branch campus' ?
C'est une antenne locale d’une université étrangère. À Maurice, il y en a trois. Deux d’entre eux sont liés à la famille Jeetah. La première est l’EIILM University (Mauritius Branch Campus). La deuxième est l’University of Wolverhampton (Mauritius Branch Campus) qui a démarré ses opérations en octobre dernier. La troisième est l’University of Middlesex Mauritius Branch Campus qui a démarré en 2011.

Cinq institutions dans le viseur
Cinq institutions sont dans le viseur de la University Grants Commission (UGC). Elles ont été sommées à s'expliquer auprès de la Tertiary Education Commission (TEC) dans le courant de la semaine. La population estudiantine de ces cinq institutions est de 690, selon les derniers chiffres datant de 2012. 

JSS Academy
Basée à Vacoas, cette institution est affiliée à la Ves Veraya Technological University (VTU). C'est une somme de Rs 500 000 qu'il leur a fallu investir pour opérer à Maurice. C'est plus précisément sur les cours en ingénierie que reposent les bases de cette institution. Les cours dispensés sont : Civil Engineering, Computer Science and Engineering, Electrical and Electronics Engineering et Electronics and Communication Engineering. Selon des chiffres datant de 2012, la population estudiantine de cette institution est de 155.

Intraconsult ltd (Global Leaning)
Cette institution de Quatre-Bornes opère en partenariat avec la Sikkim Manipal University et la London School of Business and Finance. Elle offre aux étudiants pas moins de 11 cours, notamment en comptabilité et gestion et en informatique. Elle compte 45 étudiants.

Arya Sabha Mauritius
Basée à Port-Louis cette institution n'offre que cinq cours, notamment en Humanities et en Philosophie à ses 137 étudiants. 

EIILM University
L'institution basée à Ebène dispense pas moins de 10 cours dans le domaine du journalisme, de l'administration et l'Information and Technology, entre autres. Sa population estudiantine est estimée à 353. 

Mauras
R.F Gandhi A.K.T Ltd, sise à Arsenal et plus connue sous le nom de Mauras, offre uniquement des cours en dentisterie et compte 34 étudiants.

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