Mauritius | Politics

October 11, 2014

Financement des Partis Politiques : Rs 1 Milliard en Jeu

Avec la campagne électorale, le débat sur le financement des partis politiques refait surface. Combien les compagnies du secteur privé accordent-elles aux politiciens ?

Les élections générales, c’est une affaire de gros sous. L’observateur politique Dan Bundhoo fait les comptes : près de Rs 1 milliard sont dépensées par campagne électorale. Une grosse part de ce montant, soutient-il, proviendrait des entreprises du secteur privé. « En général, les entreprises du privé financent tous les partis traditionnels. Elles accordent à un parti un minimum de Rs 200 000 et un maximum de Rs 3 millions. C’est le parti qui est le plus apte à gagner qui rafle la plus grosse part », soutient Dan Bundhoo.

Les entreprises financent-elles les politiques en fonction de leurs moyens ? Eric Ng, directeur du Cabinet PluriConseil, nous répond par la négative. « Ce n’est pas nécessairement vrai qu’une grosse entreprise accordera plus d’argent à un parti politique. Certaines entreprises accordent quelques millions de roupies, alors que d’autres donnent Rs 50 000 », avance-t-il. « On évoque des millions venant des grosses entreprises, mais ne soyons pas dupes, il y a des petites entreprises et même des particuliers, qui donnent de l’argent à leurs favoris », rétorque Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius.

Les candidats indépendants ne sont également pas laissés de côté. « Certes, les entreprises financent généralement les blocs politiques en puissance, mais elles accordent cependant quelques dizaines de milliers de roupies aux candidats indépendants », soutient Eric Ng. Selon Dan Bundhoo, les entreprises accordent des petites sommes allant de Rs 50 000 à Rs 100 000 « dépendant des relations directes qu’a le candidat indépendant avec le dirigeant de l’entreprise ». Mais, il n’y a pas que des sommes d’argent qui sont en jeu. « Certaines entreprises financent les partis politiques en nature, en sponsorisant les banderoles et autres t-shirts, par exemple », avance Eric Ng. « En payant l’essence pour les voitures des agents ou un ‘briani party’ », renchérit Dan Bundhoo.

Pour Nushrat Gunnoo, Champion de Women in Politics, « il n’y a rien de mal au fait que les entreprises financent les partis si elles croient dans leur programme et ne gagnent rien en retour que la satisfaction de la victoire du parti politique en question ». Or, selon Dan Bundhoo, ces financements « n’ont rien d’altruistes ». « Peu importe le parti qui gagne, l’entreprise est sûre d’être dans le bon papier des partis politiques et d’avoir un canal de communication privilégié avec les leaders des partis », soutient-il. C’est aussi un moyen, avance Eric Ng, pour l’entreprise de faire accepter ses idées par les politiciens et de voir la mise en place des politiques gouvernementales qui favorisent le secteur dans lequel elle évolue. Le financement des partis politiques n’est pas une pratique saine car il implique un retour d’ascenseur de la part des politiciens qui se retrouveront au pouvoir.

Pour plus de transparence

« La plupart des sociétés qui sont sujettes au Code of Corporate Governance déclarent les financements aux partis politiques, mais pas les détails comme le montant accordé et les partis qui ont été financés. C’est ce manque de transparence qui pose problème », décrie Nushrat Gunnoo. Il faudrait, avance-t-elle, revoir la loi et le Code of Corporate Governance pour que les entreprises donnent plus de détails sur les financements politiques. « Parallèlement, les partis politiques devront s’enregistrer comme une organisation ou association et ainsi, ils devront automatiquement déclarer leurs sources de revenus et comment ils ont dépensé l’argent obtenu. Cela servira de compte rendu à la population », soutient-elle.

Dan Bundhoo est plus catégorique. « Il faudrait s’inspirer de la loi aux États-Unis où les syndicats et les entreprises n’ont pas le droit de contribuer aux fonds des élections. Seuls les individus et les ONG peuvent le faire, mais selon une limite préétablie », fait-il ressortir. Rajen Bablee y va également de sa proposition : « Il est important que les partis politiques soient réglementés et qu’ils deviennent des corps légaux avec des comptes audités et publiés. Il serait aussi important de doter l’Electoral Supervisory Commission de pouvoirs opérationnels afin qu’elle puisse enquêter sur les dépenses des candidats ou des partis. »

Rajen Bablee (directeur exécutif de Transparency Mauritius) : « Certaines entreprises deviennent complices d’un système corrompu »

Rajen Bablee, directeur exécutif de Transparency Mauritius, décrie l’opacité entourant le financement des partis politiques par les entreprises du privé. Il en donne les raisons.

>Pourquoi les entreprises financent-elles les partis politiques ? Qu’est-ce qu’elles y gagnent ?

On ne peut pas prétendre que toutes les entreprises financent les partis politiques pour les mêmes raisons. Certaines le font peut-être pour faire avancer la démocratie (c’est le côté noble de la chose) alors que d’autres le font par intérêt dans l’espoir d’être dans les ‘good books’ des politiciens, surtout ceux qui constitueront le nouveau gouvernement. Ils espèrent ainsi avoir une meilleure écoute par rapport à leurs projets futurs, notamment en termes de permis ou de contrats. Je maintiens aussi qu’il y a beaucoup d’hypocrisie dans ce domaine. Des entreprises qui prônent la bonne gouvernance et l’éthique ne peuvent donner de l’argent aux politiciens sans savoir comment chaque sou est utilisé et, de ce fait, exiger des comptes détaillés. Sinon, elles deviennent complices d’un système corrompu.

>Comment les partis politiques dépensent-ils cet argent ?

C’est un fait qu’un parti politique a des frais de fonctionnement et qu’une partie de l’argent est dédiée aux besoins administratifs. Mais, dans le cadre des meetings du 1er-Mai ou des élections, on voit que les partis dépensent énormément pour leurs campagnes ; locations de salles ou de véhicules dont des autobus, t-shirts, banderoles et affiches. Certains agents se font rémunérer pour sillonner les circonscriptions. Certains politiciens font appel à des « tapeurs » pour leur sécurité rapprochée. On parle aussi des paiements de factures d’électricité, d’eau ou de téléphone. Et il y a aussi distribution de ‘briani’ et de boissons, notamment, lorsque, après les meetings, les électeurs sont véhiculés jusqu’aux plages publiques. Tout cela relève de la partie plus ou moins visible de l’argent dépensé dans le cadre des élections.

>Est-ce que les entreprises rendent toujours publics les détails de leur financement des partis politiques ? Y a-t-il des dessous de table ?

Les compagnies listées en bourse mentionnent les dons qu’ils font aux partis politiques dans leurs comptes, mais vous noterez qu’elles ne mentionnent que des sommes globales sous le générique de don politique. Elles ne disent pas quels montants ont été versés à tel ou tel parti, ni le pourquoi derrière ces décisions. On parle beaucoup de dessous de table et il est dommage que personne ne vienne avec des preuves solides pour démontrer cela. Car s’il y a des dessous de table, cela voudrait dire que pour les entreprises qui se livrent à de telles pratiques maquillent leurs comptes.

>Il est souvent question que les partis politiques touchent beaucoup plus des entreprises que les montants qu’ils déclarent. Vos commentaires ?

Effectivement, nous entendons souvent parler de cela, mais en l’absence de comptes qui soient publics, il est difficile de le prouver. Et il est certain que l’absence de toute réglementation permet de formuler des hypothèses les plus folles. Rien n’empêche qu’un agent ou un politicien reçoive une somme X en liquide d’une entreprise ou d’une personne et qu’il empoche une partie pour ses besoins personnels. C’est totalement occulte et opaque.

>Que prévoit la loi sur le financement des activités des partis politiques ?

Il semble bien qu’il n’y ait aucun encadrement légal en ce qui concerne le financement des partis politiques. D’abord, ils ne sont enregistrés qu’auprès du bureau de l’Electoral Commissio­ner et ils ne sont ni des associations, ni des compagnies. Dans ce flou, ils sont considérés comme des sociétés de fait et c’est à ce titre qu’ils ont un ou plusieurs comptes en banque(s).

Nous pensons que, vu les montants énormes qui sont en jeu et que beaucoup de transactions se font en liquide, les banques devraient être encore plus vigilantes et surveiller les transactions. Je me pose une question néanmoins, est-ce que des banques ont déjà alerté la FIU par rapport aux transactions des partis politiques ? Et quelle serait une transaction normale pour un parti politique ? Par ailleurs, la législation prévoit un cap pour les dépenses pour les candidats et non pour les partis. C’est tout le système qui est à mettre en place.

 

 

Tags Cloud

20102011Absa Bankaccaaccidentaccidentsadministration volontaireADSUadvertisingafghanistanAfrAsiaafricaagalegaagreementagricultureagroAHRIMAIairair asiaair australAir Franceair madagascarair mauritiusairasiaAirlinesairportairway coffeeAlbionalgeriaalibabaalteoAlvaro SobrinhoamazonAmeenah Gurib-FakimAMLandroidangolaAnil BachooApollo Bramwellappappleappointmentsappsaquaculturearab townarrestArtArvin BoolellasiaATMATOauditaudit reportaustraliaaustriaaviationawardawardsAxcel ChenneyBABagatelleBagatelle DamBAIBalaclavaBangladeshbankBank OnebankingbanksBar CouncilbarclaysBDObeachbeachesBeau Bassin-Rose HillbeautybeerBelgiumBelle-MareBelle-RiveBet365betamaxbettingBharat Telecombig databitcoinblue economyBlue-BayBOIboko haramBollywoodBOMbombingbookbookmakerbooksbossBotswanabpmlBPOBramer BankbrazilbrexitBritish AirwaysbudgetbuildingbusesBusinessbusiness trendsCabinetcall centresCanadacanecareercareer tipscargocarnivalcasinoCaudanCCIDCCMCCTVCEBcelebretiescelebritiescementChagoscharityCharlie HebdoCHCchilechinachromeCIELcigarettesCim FinancecinemaclashesCMTcomoroscompetitionconcertconferenceConfinementCongoconstitutional amendmentconstructioncontestcontestscontractcooperationCoronaviruscorruptioncounterfeitcoupCourtCourtscouvre-feuCOVID-19CPBCPEcreativitycreditscreolecrisiscruise shipcruise shipsCSOCT PowerCultureCurepipecustomercustomerscustomsCVCWAcyclingcyclonedamDawood RawatdayDBMdeficitdenguedeportationdevelopmentDiego GarciadivalidoctorsdodoDomaine les PaillesDonald TrumpDPPdrug traffickingdrugsDTAADubaiDuty Freee-commercee-servicesearthquakeebeneebolaecoécolesecologyeconomicEconomic Development BoardeconomicseconomyEducationeducation abroadeducation reformEEZEgyptEIILMelectionelectionselectoral reformelectricityelon muskembassyEmiratesemirates airlinesEmtelenergyENLentrepreneurshipEnvironmentEOCEUEuroEuropeeventeventsexamexaminationexamsexpoexportfacebookfairFalcqfarmersfarmingfashionfast foodfbiFDIfeefeesferryfestivalFievre AphteuseFIFAFIFA World CupFilm Rebate SchemefilmingfilmsfinancefinancesfinancingFirefishfishingFIUFlacqFlic-en-FlacfloodFloodsflourfonction publiquefoodFootballforecastforeign workersForumFrancefraudfruitfruitsFSCFTAfuelfunnyGAARgabongadgetsgalaxygalaxy notegamblinggame of thronesgamesgasgazaGDPGermanyghanaGlobal BusinessgolfGoodlandsgoogleGorah Issac casegovernmentGRAGrand Baygrand-baieGrand-BassinGrand-Gaubegreecegreengreen energygrippeGTUH1N1hackershajjhamashappinessHawaiihawkershealthhealthcareHeritage Cityhi-techhigher educationhighlandshistoryHolcimholidaysHong Konghorse raceshorse racingHospitalhotelhotel businesshotelshowhow toHRHRDCHSBCHSCHSC ProhtchungaryhuntingHusein Abdool RahimIBAIBLICACICTICTAID cardiframacillegal fishingillegal migrationillegal workersIMFimportindiaIndian OceanIndian Ocean Island GamesIndonesiainflationinfluenzaInfographicsinfrastructureinnovationinnovationsinsuranceinterest rateinternetinterpolInterviewinterview tipsinvestinginvestmentinvestmentsIOCIORECiosiPadiphoneIPOiraniraqirelandIRSISISislamicisraelITItalyjapanJean-Claude Bastos de MoraisJellyfishJewelleryJin FeiJIOIjobjobsjockeyjournalismJulian AssangeKailash TrilochunKenyakitesurfingKPMGkreolla buttelabourLafargelandlandslideLarsen & ToubrolawlawslayoffsLe MorneleadershipleakLepeplexpressliberiaLibyalifeloanloanslocal governmentLockdownlogisticslondonlotteryLottotechLRTLufthansalycheeMadagascarmade in morisMahebourgmalariamalaysiamalaysia airlinesMaldivesMalimallmanagementmanagement tipsmanufacturingmarketmarketingmarketsMauBankMauritiansmauritiusMBCMCBMCCIMDFPMeatmeccamediaMedical CouncilMedical tourismmedicamentsmedicineMedineMedPointmeetingMEFMegh PillayMESMeteoMetro ExpressMEXAmexicoMFAMGIMHCmichaela harte caseMicrosoftMIDMidlandsMIEmigrationmigration crisisminimum salaryminimum wagemiss mauritiusmistakesMITDmlMMMmobilemobile phonesMokamoneymoney launderingmonkeyMont-ChoisyMoody’sMoroccomotivationmoviesMozambiqueMPAMPCMPCBMPLMQAMRAMSBMSCMSMMTMTCMTPAMusicMV BenitaNad SivaramenNaïadeNamibiaNandanee SoornackNarendra ModinasanatureNavin RamgoolamNavind KistnahNCBNCGNDUNECnefNegative Income TaxNelson MandelaNeotownNepalnetherlandsnetworkingNew Mauritius Hotelsnew zealandNGONHDCNICNICHLNigerianight clubsNitin Chinien caseNobel Prizenokianorth koreaNRBNTANTCNWCCNWECOCDEoceanocean economyofofficialsoffshoreoilOlympic GamesOmega ArkOmnicaneoniononlineopinionOppositionorangeoscaroscar pistoriusOUMoutsourcingPakistanpalestinePamplemoussesPanama Paperspandit sungkurParadise PapersparliamentPaul BérengerpensionpensionspeoplePereyberepermis de travailPhilippinesPhoenix Beveragesphonespicture of the daypillspiracyplageplagueplanPlanet Earth InstitutePMPMEPMOpmsdPNQpokerpolicepoliticspollutionPonzi SchemeportPort LouisPort-LouispostPovertyPPPPRPravind JugnauthPRBpresentationpresentation tipspresidentpricepricesprisonproblemprofitprojectprojectsprostitutionprotestspsacPSCpsychologyPTRpublic functionpublic servicepwcQatarQuantum Globalquatre-bornesquotesrainsRajindraparsad SeechurnRakesh GooljauryransomwareratesratingratingsRavi YerrigadooRDAreal estaterecallsreformreformsrefugeesreligionrentrepo ratereportRESRésidence Barklyrestaurantrestaurantsresultresultsresumeresume tipsretailReunionrevenuericeRiche-TerreriseRiviere-du-RempartRiviere-Noireroadsroche-boisRoches-Noires caseRodriguesRogersrose-belleRose-HillrosewoodRoshi BhadainRum and SugarRundheersing BheenickrupeeRussiaRwandasafetySAJsalariessalarysalesalessales tipssamsungsanctionssaudi arabiaSBIsbmSCscamscandalSCBGscholarshipscholarshipsSchoolschoolsscienceseasecuritySEMSEMDEXSenegalSeychellesShakeel MohamedShanghaisharksshootingshoppingshopping fiestashopping mallshopping mallsshowShowkutally SoodhunSICsicomSierra LeonesingaporeSITskillssmall businessSmall Planters Associationsmart citysmartphonesSMeSME MauritiusSMEDASMFsmmsnapchatSobrinho casesocialsocial mediasocial networks & messengersSofitelsoftwaresolar energySomaliasonysouthsouth africaSouth China Seasouth koreasouth sudanspainsponsorshipsportSportsSquatterssri lankaSSRStar KnitwearstartupsstatisticsstatsSTCstockstock marketstocksstrategystreet vendorsStressstrikestudystudy abroadstylesubventionsuccesssuccess storysugarsugar canesummitSun ResortsSun Tan caseSunkai caseSunnystarssupermarketssurveySwanSwedenSwitzerlandsyriaTAtabletsTaiwanTanzaniataxtax fraudtax heaventaxesTbillsteateacherTeachersteamTECtechnologytelecomtendertendersterrorismtertiarytextilethailandthethefttimetime managementtipstototaltourismtoystradetrade feetradingtrainingtrainingstransporttraveltrendsTrioletTripAdvisorTrou-aux-BichestsunamitunaTunisiaTurfTurkeyturkish airlinesTVtwittertyphoonUdMUgandaukukraineununemploymentUNESCOunionsuniverseuniversityuomUSUTMvacanciesvacancyVacoasVacoas Popular Multipurpose Cooperative SocietyVacoas-PhoenixVanilla Islandsvarma caseVATVeekram BhunjunvegetablesVerizonvideoVideo of the Dayvirtual realityvisaVishnu Lutchmeenaraidoovisitvivo energyvolcanowasteWaterWaterparkWeatherwest africawhatsappWhitedot Casewi-fiwikileakswindowsWMAwomenworkwork abroadworkersWorkshopWorldWorld Bankwriting tipsWTOXavier-Luc DuvalyahooYasin DenmamodeyemenYEPYerrigadoogateyoutubeZambiazimbabwe
Mauritius
© 2010-2020 mega.mu