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April 17, 2015

Travailleurs Etrangers : Un Mal Nécessaire pour Notre Economie ?

Beaucoup d’interrogations ont surgi après la grève des 1 300 ouvrières bangladaises de la Compagnie mauricienne de textile (CMT), le 1er avril dernier.

D’un côté, on dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles des immigrants travaillent. De l’autre, on se demande si on a vraiment besoin d’avoir recours à la main-d’œuvre étrangère.

Les images de la déportation d’une vingtaine d’ouvrières bangladaises circulent sur la Toile, depuis la semaine dernière. Celles-ci démontrent une vingtaine d’entre elles, qui ont été empoignées et précipitées dans les vans de la police. Les membres de la Special Supporting Unit (SSU) et de la Special Mobile Force (SMF) ont dû en effet, avoir recours aux grands moyens pour ramener à l’ordre les 1 300 grévistes.

Ces Bangladaises ont été déportées, le 3 avril, dans leur pays d’origine. Les grèves et les manifestations des travailleurs étrangers sont fréquentes à Maurice. Dans la plupart des cas, ils dénoncent les conditions « inhumaines » dans lesquelles ils sont contraints de travailler. Toutefois, bon nombre de ces manifestations se concluent par la déportation des dizaines de ces immigrants. Est-ce, donc, vraiment nécessaire d’avoir recours à la main-d’œuvre étrangère, alors que des milliers de Mauriciens sont au chômage ?

Une solution transitoire

Cette question, posée par de nombreux internautes, n’est pas anodine. Il s’agit d’un sujet qui refait surface à chaque fois que survient un fait divers qui inclut un ou plusieurs travailleurs immigrés. Fait-on une utilisation intelligente de nos ressources humaines ou choisit-on la voie de la facilité ? Radhakrishna Sadien, président de la National Economic and Social Council (NESC), souligne que le recrutement des travailleurs étrangers était censé être une solution temporaire.

Le président du NESC ajoute que le recrutement des travailleurs étrangers s’est fait sans aucune étude de l’impact social que cela représente. « Il y a plusieurs facteurs qui n’ont pas été pris en considération. Chaque année des milliers d’immigrants débarquent au pays, alors que rien n’est fait pour leur encadrement. Ils sont appelés à travailler comme des robots. Leurs besoins les plus essentiels sont parfois négligés. Par conséquent, cela donne lieu à une frustration qui finit par exploser lors des grèves et manifestations », ajoute Radakrishna Sadien.

Notre interlocuteur ajoute que « ces derniers ont grandement contribué au développement de notre économie. Ils ont, à une certaine période, comblé le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs filières. Cela devait être une solution transitoire. Si au début, les travailleurs étrangers étaient principalement dans l’industrie textile, aujourd’hui, ils sont présents dans tous les secteurs. Or, ce n’est pas du tout logique que le nombre de travailleurs étrangers équivaut au nombre de Mauriciens au chômage ».

Frustration dans la société

Ce serait l’une des raisons, selon le sociologue Rajen Suntoo, qui poussent certains Mauriciens à avoir du « mépris » envers eux. « Ils sont nombreux à penser que les immigrants les privent de leurs droits. Compte tenu que le nombre de travailleurs étrangers augmente d’année en année, cela engendre une certaine frustration dans la population. De nombreuses personnes ont perdu leur emploi, car elles ont été remplacées par des travailleurs étrangers qui sont bien plus productifs aux yeux des employeurs. Ce sentiment d’être privé d’un droit engendre du mépris », explique le sociologue.

Alain, un ancien employé dans le secteur de la construction, nous confirme les dires de Rajen Suntoo. Cet homme de 47 ans a été licencié, il y a deux mois, suite à la décision de sa compagnie d’avoir recours aux immigrants. Cela, afin d’augmenter la productivité et de réduire le coût de la main-d’œuvre. « De nos jours, on n’a pas de sécurité d’emploi. On peut être licencié à n’importe quel moment. Plusieurs pères de famille ont été contraints de laisser leur place aux immigrés. On n’a rien contre eux, mais je trouve que c’est injuste. D’autant plus que le marché du travail est saturé », lance-t-il.

Main-d’œuvre étrangère primordiale

Cependant, malgré tout, il est impossible de faire développer notre économie sans les travailleurs étrangers ! C’est, du moins, ce qu’affirme l’économiste Eric Ng. « On ne peut pas réduire le taux de chômage à Maurice en diminuant le recrutement d’immigrés. Avec le développement et l’évolution de notre société, nos citoyens sont de plus en plus à la recherche de leur confort. De ce fait, ils ne sont pas prêts à sacrifier leur vie de famille et leur loisir pour le travail. Il existe alors plusieurs postes qui n’intéressent pas les Mauriciens », explique-t-il.

Or, les travailleurs étrangers, eux, débarquent au pays avec l’unique intention de faire de l’argent. « Ils sont prêts à faire d’énormes sacrifices tels que travailler de nombreuses heures par jour. La main-d’œuvre étrangère est alors bien plus productive », explique Eric Ng.

Il ajoute que les entreprises pensent, avant tout, en termes de profitabilité. « Si on renvoie les travailleurs étrangers pour embaucher la main-d’œuvre locale, les entreprises ne pourront plus être profitables. Par conséquent, beaucoup d’entre elles seront contraintes à fermer. Ce qui affectera plusieurs secteurs de notre économie. La question de faire fonctionner notre économie sans les immigrés ne se pose pas, car cela n’est pas envisageable », fait valoir l’économiste, avant de conclure que « les autorités doivent encadrer les travailleurs étrangers et s’assurer qu’ils travaillent dans le respect de leur dignité. »

Plus de 1 000 travailleurs étrangers recrutés chaque année

Selon une étude du marché du travail mauricien, menée par le bureau des statistiques en 2013, on comptait 73 300 travailleurs étrangers de 2011 à 2013. Par ailleurs, la comparaison des chiffres entre ces trois années nous démontre que plus de 1000 travailleurs immigrés débarquent au pays chaque année. De l’autre côté, en 2013, 45 500 Mauriciens étaient au chômage, soit 8% de notre main-d’œuvre.

Que prévoit la loi ?

Il est catégorique : les lois du travail sont les mêmes pour les travailleurs mauriciens et étrangers. Naraindut Gujadhur, responsable de la Special Migrant Unit (SMU) au ministère du Travail, affirme que son organisme s’occupe des inspections et du respect du contrat de ces salariés. « Les employeurs doivent appliquer toutes les lois, selon la 'Employment Rights Act' et la 'Employment Relations Act'. Il est à noter que la première détermine les conditions du travail, notamment un environnement de travail contrôlé et fiable », explique-t-il.

Notre interlocuteur explique que l’Employment Rights Act fait mention des droits des employés, dont celui de syndiquer ou de grève. « Il y a souvent cette idée fausse que ces étrangers n’ont pas le droit de grève. Dans la plupart des cas, les employés ne respectent pas les procédures et entament des grèves illégales », poursuit Naraindut Gujadhur, qui ajoute que la SMU est là pour enregistrer les doléances des travailleurs étrangers. Concernant les rémunérations, selon le National Remuneration Board, un salaire minimal est fixé pour les employés de la zone franche, du secteur de l’exportation et celui de la construction. « Les employeurs sont les seuls à décider s’ils veulent augmenter le salaire ou pas », explique-t-il.

Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear : « Les Mauriciens préfèrent travailler dans le secteur public »

Du côté des recruteurs, la main-d’œuvre étrangère est indispensable. Ahmed Parkar, directeur de Star Knitwear, parle de la difficulté à remplir les postes vacants. Il souligne que malgré le nombre de requêtes envoyées aux autorités concernées pour le recrutement de travailleurs qualifiés, il y a toujours un manque de main-d’œuvre.

« 30 % de nos employés sont des immigrés. Nous ne pouvons pas faire autrement, même si notre priorité a toujours été de recruter les Mauriciens. Nos demandes sont restées vaines et tout porte à croire que les Mauriciens préfèrent travailler dans le secteur public pour la sécurité d’emploi. Ce n’est pas en empêchant les travailleurs étrangers de venir travailler ici que le problème va être résolu », affirme-t-il. Ahmed Parkar déplore, par ailleurs, le « mépris » de nos compatriotes envers les travailleurs étrangers. « Ils s’intègrent très vite. Ils sont prêts à travailler dur et respecter les deadlines », dit-il.

Feizal Ali Beegun, syndicaliste : « Nous ne pouvons nous passer de travailleurs étrangers »

Beaucoup estiment que compte tenu du taux de chômage à Maurice, il serait plus sage d’employer les Mauriciens. Or, le syndicaliste Feizal Ali Beegun n’abonde pas dans ce sens. Il avance que nos compatriotes sont découragés par les licenciements injustifiés et les conditions de travail qui laissent à désirer dans les secteurs du textile et de la construction. « Il y a 20 ans, on comptait plus de 100 000 employés mauriciens de la zone franche. Aujourd’hui, beaucoup ont délaissé ce secteur à cause de mauvaises conditions de travail. Le patronat a, alors, dû avoir recours à de la main-d’œuvre étrangère », explique-t-il.

Qui plus est, ajoute-t-il, le salaire n’équivaut pas aux sacrifices demandés pour de nombreux travailleurs locaux. « Les Mauriciens ne bénéficient pas du taux d’échange, contrairement à leurs collègues étrangers. Leur salaire ne correspond pas au coût de la vie. Pour le moment, pour le bon développement de notre économie, nous ne pouvons donc pas nous passer de travailleurs étrangers », souligne Feizal Ali Beegun. Pour le syndicaliste « c’est un fait que certains d’entre eux sont parfois mêlés dans des grèves illégales, voire la prostitution entre autres. Toutefois, la déportation n’est pas la solution », précise-t-il.

Témoignage

Ali Hussen, travailleur bangladais : « La peur au ventre »
Regret et colère, c’est ce qu’il ressent depuis le peu de temps qu’il est ici. Il y a 11 mois, des rêves plein la tête, Ali Hussen, 28 ans, quitte son Bangladesh natal pour venir à Maurice. Il a laissé sa femme et son enfant pour travailler comme ouvrier dans une usine. Ali Hussen soutient que le salaire ne le motive pas et il estime qu’il n’a pas les mêmes droits que ses collègues mauriciens. « Nous ne pouvons pas nous exprimer sur les manquements, car on a peur d’être expatrié. Nous travaillons très dur, voire plus dur que nos collègues mauriciens, mais nous sommes moins bien payés qu’eux », lance-t-il.

De plus, ajoute-t-il, les conditions de vie y sont lamentables. « Je ne m’attendais pas à vivre ainsi, tant sur le plan de logement qu’au travail. Je travaillais comme superviseur dans mon pays natal. C’est un ami qui m’a conseillé de venir ici. J’ai dû signer un contrat de trois ans et je regrette déjà de l’avoir fait. Nous sommes plusieurs à habiter dans un endroit insalubre », raconte-t-il.

 

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