Doing Business | Personal Effectiveness

June 05, 2015

Licenciement : Quand la Vie Bascule

Qu’il s’agisse d’une restructuration, d’un nettoyage politique ou d’un scandale financier qui oblige l’entreprise à mettre la clé sous le paillasson, à chaque licenciement se joue un drame.

Un choc émotionnel qui anéantit. Plus de revenus, mais surtout plus de place dans la société, plus d’estime de soi... Les victimes racontent.

«C’était comme si le sol s’ouvrait sous mes pieds… Perdre sa seule source de revenus, du jour au lendemain, est une sensation terrible», nous confie Valencia Rosalba, 44 ans. Cette mère de famille a reçu sa feuille de route après huit ans de loyaux services dans une usine textile. Notre quadragénaire n’est, malheureusement, pas la seule. Ces derniers temps, les licenciements font la une des actualités. Selon la Confédération des travailleurs du secteur privé (CSTP), de 2009 à ce jour, plus de 10 000 personnes ont perdu leur emploi. Outre une perte de revenus, perdre son job est un véritable épreuve psychologique pour les licenciés.

Sur l’échelle des épreuves les plus violentes, le licenciement équivaut à un divorce. Selon Sarvesh Dosooye, psychologue du travail, « c’est comme un choc qui entraine le déni et la colère chez le licencié. Avec la perte du salaire, surviennent des interrogations qui les rongent : comment rembourser les prêts, payer les études des enfants ou maintenir un niveau de vie élémentaire ? », explique-t-il.

Pourquoi moi ? Comment je vais faire pour vivre ? Ce sont les questions que s’est posée Valencia Rosalba, lorsqu’elle a appris son licenciement. « Je me suis dit que ma carrière était finie parce que, compte tenu de mon âge, je n’aurais jamais un autre emploi. Ca a été un grand stress pour mon mari et moi, car, sans mon salaire mensuel, il ne resterait plus rien après le paiement des factures. Qu’allions-nous manger ? Ces questions résonnaient en boucle dans ma tête », ajoute cette habitante de Petite-Rivière.

La perte d’un emploi est une expérience traumatisante… Elle rend, non seulement, l’avenir incertain et le présent sombre, mais elle a un impact considérable sur le plan psychologique. « Si le licencié représente le seul revenu du ménage, l’épreuve peut être insurmontable. La confiance en soi peut être affectée, dépendant de la personne. Il y a aussi le facteur âge. S’il est âgé, il aura plus de mal à trouver un nouvel emploi, ce qui est un stress énorme pour la personne », affirme Sarvesh Dosooye.

“J’étais devenu une autre personne”

C’est le cas de Mahen B., 60 ans. Il avoue qu’il n’est plus le même, depuis qu’il a perdu son travail, en 2009, après plus de vingt ans de service au sein d’une entreprise de construction. Celle-ci faisait faillite. « Cela m’a affecté psychologiquement. J’étais devenu une autre personne. Ma famille ne me reconnaissait plus et l’atmosphère à la maison était pesante. Je ne sortais plus. Je ne dormais plus et je n’arrêtais pas de réfléchir. Je savais que ma famille ne pourrait jamais avoir la même vie », dit-il.

Même s’il a retrouvé un boulot après quelques mois, Mahen B. nous confie qu’il n’est plus le même homme, aujourd’hui encore. « J’étais passionné par mon métier. La construction était la seule chose que je connaissais. De plus, mon niveau de vie a changé du jour au lendemain. Cela a affecté mon budget. Je n’ai pas pu rembourser mes prêts bancaires. J’ai dû vendre ma voiture et éliminer les dépenses superflues. Ma femme a dû subvenir à nos besoins, mes enfants et moi, pendant plusieurs mois. Je me sentais responsable de cette situation », relate-t-il.

C’était aussi le sentiment de Valencia Rosalba. « Ce qui m’affectait le plus, c’est l’impact du licenciement sur la vie de mes enfants et celle de ma famille… Ils étaient sous ma responsabilité et il me fallait veiller à ce qu’ils continuent à vivre normalement », fait-elle ressortir. Pour Sarvesh Dosooye, le licenciement affecte, effectivement, les autres membres de la famille, qui voient leur style de vie se transformer subitement. Leur soutien moral est, alors, essentiel.

« C’est la responsabilité des membres de la famille de soutenir le licencié, en étant à l’écoute. La communication est primordiale dans la famille. Quant à la personne qui a perdu son job, elle ne doit pas, pour autant, sur son sort et rester à ne rien faire. Elle ne doit pas baisser les bras par rapport à sa recherche d’emploi », dit-il. Continuer à se battre, ne pas se décourager s’il faut passer une vingtaine d’entretiens d’embauche et voir les portes se fermer, s’ouvrir à de nouvelle aventures, même si elles ne s’annoncent pas aussi intéressantes que le précédent embauche, c’est le seul moyen d’espérer sortir de ce drame.

Jane Ragoo, de la CTSP : « Un employeur peut licencier comme bon lui semble »

La tendance actuelle est telle qu’on peut être licencié du jour au lendemain, martèle Jane Ragoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé (Cstp). Tous les secteurs sont désormais concernés par ce problème, même si le textile a été le premier à être touché. Ceux qui perdent leur emploi, poursuit notre interlocutrice, se retrouvent bien souvent dans une impasse financière et d’autres n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins les plus essentiels. « C’est pour ces raisons qu’on milite depuis de nombreuses années pour que la loi du travail soit revue dans l’intérêt des travailleurs », argue-t-elle.

Elle associe cette vague de licenciements à un amendement apporté dans l’Employment Rights Act en 2008. « Auparavant, chaque cas de licenciement était référé à un Termination of Contracts of Service Board. Les employeurs disposaient alors de 120 jours pour établir les raisons. Si celui-ci est justifié, l’employé bénéficiait d’une compensation de huit jours de salaire par année de service. Cependant, en cas de licenciement injustifié, une compensation de trois mois de salaire par année devait être payée. Au cas contraire, l’employeur est dans l’obligation de rendre sa place au licencié. Toutefois, cette loi n’existe plus depuis 2008 et c’est, selon moi, la raison pour laquelle le nombre de licenciement continue à grimper. Actuellement, un employeur peut réduire son personnel quand bon lui semble, sans avoir à rendre des comptes aux autorités », dit-elle.

La syndicaliste se montre également très critique envers les mesures apportées par les autorités dans le but de réduire l’impact des licenciements. Elle cite comme exemple le Workfare Programme qui, selon elle, ne fonctionne pas comme il se doit. « Il y a plusieurs personnes qui n’arrivent pas à retrouver une situation financière stable, bien qu’elles bénéficient d’une allocation. Par ailleurs, les licenciés sont censés être formés pour pouvoir être placés dans d’autres postes. Ceux qui souhaitent devenir des entrepreneurs devraient bénéficier de facilités. Mais cela reste bien souvent que sur papier et la situation de ces personnes reste inchangée », dit-elle.

Workfare programme : une main tendue pour éviter de sombrer

Il permet de venir en aide aux travailleurs qui ont perdu leur emploi. Le Workfare Programme a, soutient le National Empowerment Foundation (NEF), été mis en place par le ministère du Travail dans le cadre de l’Employment Rights Act 2008, qui est entrée en vigueur en février 2009.

Ce programme concerne les employés qui ont travaillé à plein temps pour le même employeur pendant six mois minimum. Le licencié qui remplit les conditions dispose d’un délai de sept jours, suivant la date de son licenciement, pour s’enregistrer auprès du Bureau de l’Emploi le plus proche de son domicile. Il a ensuite un nouveau délai de sept jours pour choisir entre trois possibilités :

  • Rechercher un autre emploi dans le même domaine que précédemment. Il est alors pris en charge par le Bureau de l’Emploi.
  • Suivre une formation dans le cadre d’un placement en stage au sein d’une entreprise, afin d’acquérir de nouvelles compétences. Il est alors pris en charge par la National Empowerment Foundation (NEF), sous le programme « Placement et Formation ».
  • Créer sa propre entreprise. Il est alors soutenu par la Small Enterprise and Handicraft Development Authority (SEHDA).

Dès lors qu’il est enregistré, le travailleur licencié perçoit une allocation, soit le Transition Unemployement Benefit (TUB), dont le montant est calculé à partir du salaire de base qu’il touchait dans son précédent emploi. Cette allocation évolue comme suit : pendant les trois premiers mois, il touche 90 % du dernier salaire de base. Du quatrième au sixième mois : 60 % du dernier salaire de base. Du septième au douzième mois : 30 % du dernier salaire de base. Cette allocation est accordée pendant un maximum de 12 mois et ne peut en aucun cas être inférieure à Rs 3 000 par mois. Ceux qui choisissent l’option « Placement et Formation » perçoivent un stipend à la place du TUB. Celui-ci sera calculé en fonction du niveau de qualification du candidat, comme démontré dans le tableau suivant :

 

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