Secteur du textile: trois facteurs motivant la délocalisation des firmes

4 years, 6 months ago - September 26, 2016
Textile industry in Mauritius

Textile industry in Mauritius

Qui dit mondialisation de l’économie, dit délocalisation. Maurice ne fait pas exception à la règle. Au fil des années, des entreprises se sont implantées en terre étrangère. La dernière en date, Floréal Knitwear.

1. Faible coût de la main-d’œuvre dans certains pays

La délocalisation est la cessation totale ou partielle de la production de certains biens ou services du pays d’origine à une filiale ou à l’expansion d’une filiale existant à l’étranger et produisant les mêmes biens ou services. C’est une stratégie qui est souvent menée par des entreprises manufacturières, dans l’optique de réduire le coût de production en délocalisant leurs unités de production dans des pays où la main-d’œuvre est bon marché. Selon Swaley Peerkhan, directeur de SIMS Group of Companies, la main d’oeuvre est deux fois moins chère à Madagascar qu’à Maurice.

2. Manque de main-d’œuvre

Outre le coût élevé du prix de revient à Maurice, Swaley Peerkhan parle d’un manque de main-d’œuvre locale. « On arrive difficilement à recruter des Mauriciens et nous devons faire appel à des travailleurs étrangers. » En outre, souligne le directeur de SIMS Group of Companies, les ouvriers mauriciens sont réticents à faire des heures supplémentaires. Ce qui aurait pu causer des problèmes au niveau de la livraison s’il n’y avait pas l’apport des travailleurs étrangers.

3. Rude Compétition

Le patron de SIMS Group of Companies critique aussi le manque de soutien des syndicats pour la bonne marche des entreprises. Il cite notamment leurs revendications souvent excessives. Il avance qu’avec la rude compétition sur le marché international, les produits mauriciens doivent être de plus en plus compétitifs pour trouver preneur.

Swaley Peerkhan explique que les entreprises mauriciennes sont en concurrence directe avec des pays dont les produits sont à des prix plus compétitifs, leurs coûts de production étant moins élevés. Le directeur de SIMS Group of Companies souhaite que le gouvernement prête une oreille plus attentive aux opérateurs de l’industrie du textile.

D’autres facteurs sont aussi associés à la délocalisation. Parmi, une législation de travail plus souple, une monnaie faible, une fiscalité plus légère, un dynamisme économique et l’existence d’un pôle technologique.

Pays d’accueil

Les pays les plus prisés par les industriels mauriciens sont notamment Madagascar, l’Inde, le Mozambique, les Maldives et le Bangladesh. La Compagnie mauricienne de textile, Floreal Knitwear, Sentosa, Hong Kong Garment, General Knits Ltd, Tropic Knits et Sonia Wear sont parmi les compagnies à avoir délocalisé, partiellement ou entièrement, leurs opérations.

Formation

Les salariés sont les premiers à souffrir de la délocalisation de leurs entreprises. Si des offres d’emploi sont offertes aux techniciens et à d’autres cadres compétents dans les pays d’accueil, la plupart sont jetés sur le pavé. Dans le passé, les licenciés devaient se battre devant la cour industrielle pour avoir une compensation.

Aujourd’hui, ils peuvent intégrer le Workfare Programme, où ils bénéficient de 90 % du salaire de base ne dépassant pas Rs 14 805, mais pas moins de Rs 3 000 pendant les trois premiers mois. Du quatrième au sixième mois, les licenciés perçoivent 60 % de leurs salaires de base et à partir du septième et ce jusqu’à la fin du douzième mois. Ils ont droit aussi à des stages de formation afin qu’ils puissent monter leur entreprise.

Délocalisation interne

La délocalisation peut aussi être interne. C’est-à-dire d’un endroit à un autre. Ce qui semble être une simple formalité provoque des pleurs et des grincements de dents parmi les
salariés. Le cas le plus récent est celui de Firemount, qui quitte Goodlands pour La Tour-Kœnig. Une centaine d’employés, soutenus par leur représentant syndical Beejaye Somai, contestent vivement cette délocalisation. Ils réclament une compensation. Le ministère du Travail en a été informé.

Jean-Baptiste de Spéville, de Floreal Knitwear : « Une décision nécessaire »

Floreal Knitwear annonce le transfert de son unité de production de Maurice à Madagascar, où la compagnie opère déjà trois sites et emploie 3 500 personnes. Qu’est qui explique cette décision ? Jean-Baptiste de Spéville, Chief Executive Officer de Floreal Knitwear, fait ressortir que « cette décision est nécessaire à l’entreprise afin qu’elle reste compétitive dans un secteur extrêmement dynamique, où les marges de profit sont très faibles et où la demande évolue constamment ».

Le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne a aussi pesé lourd dans la décision de la compagnie. « Floreal Knitwear, qui exporte plus de 40 % de sa production vers le Royaume-Uni, reste dans l’expectative quant aux effets du Brexit avec une chute importante de la livre sterling qui pourrait causer une certaine incertitude au niveau des prochaines commandes », fait comprendre son directeur.

Reeaz Chuttoo : « Une exploitation des travailleurs »

Pour Reeaz Chuttoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), la délocalisation apporte toujours le malheur des ouvriers locaux, qui se retrouvent au chômage, du jour au lendemain.

Le syndicaliste trouve que la délocalisation d’une entreprise est un moyen d’exploiter davantage les travailleurs, les investisseurs étant toujours à la recherche de salaires plus bas et de pays où des législations du travail sont plus flexibles.

Reeaz Chuttoo avance que sa confédération syndicale est en contact avec les syndicats des pays concernés. En cas de graves problèmes industriels, prévient-il, la CTSP tiendra des manifestations devant les sièges des sociétés impliquées à Maurice.

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