Secteur professionnel: le cumul d’emploi pour mieux s’en sortir

4 years, 7 months ago - October 31, 2016
Quelque 30 000 personnes exercent un deuxième emploi à Maurice, selon le Bureau des statistiques. Ils opèrent notamment dans le secteur agricole, le commerce et la construction. Si les raisons sont diverses, c’est surtout pour arrondir les fins de mois que beaucoup optent pour une deuxième source de revenus.

Pierre : «Jardinier et maçon pour subvenir aux besoins de la famille»

Certes, Pierre, la cinquantaine, a un travail régulier dans le domaine agricole, mais son salaire ne lui permet pas de subvenir aisément aux besoins de sa famille. Il n’est pas homme à baisser les bras ; il travaille comme maçon à temps partiel pour faire bouillir la marmite familiale. Il nous confie sacrifier ses dimanches et autres jours fériés ainsi que ses loisirs pour s’adonner à cette deuxième activité.

Cette deuxième source de revenus lui permet de régler les factures d’eau, d’électricité et de payer les leçons particulières de son fils qui va prendre part prochainement aux examens du School Certificate. Toutefois, dit-il, il ne compte pas abandonner son métier de jardinier, car le travail de maçon n’est pas aussi régulier. « Kan gagne bat bate. Me kan ena pli pa kapav al travay », dit-il.

Anousha : «Mes commissions dépendent du volume de vente»

Réceptionniste dans une compagnie privée, Anousha, la trentaine, est aussi démarcheuse durant ses heures libres. Ce qui l’aide grandement à arrondir ses fins de mois. « C’est une amie qui m’a encouragée à vendre des produits cosmétiques à domicile », dit-elle. Après une séance de formation, notamment sur comment aborder la clientèle et présenter les produits, elle s’est jetée à l’eau et au fil des années a bâti une bonne clientèle.

Au début, elle a approché ses amies et proches pour leur vendre des parfums, savonnettes et autres produits de beauté. Après le travail, elle fait aussi du porte-à-porte pour démarcher d’autres clients. Anousha nous confie toucher une commission sur chaque produit vendu. « Mes revenus dépendent du volume de vente que je réalise », explique-t-elle.

Elle avoue que parfois la vente est difficile, car les gens tiquent quand ils voient les prix. Mais grâce à son pouvoir de persuasion, elle arrive à les convaincre en misant sur la qualité de ses produits.

Josiane : «Chaque fin de mois était pour moi un cauchemar»

La persévérance paie. Josiane, la quarantaine, a toujours refusé de courber l’échine devant les aléas de la vie. Couturière, elle dépendait des fruits de son travail pour s’occuper de ses trois enfants en bas âge. Ce qui n’était pas toujours évident, car les commandes n’étaient pas régulières. « Chaque fin de mois était pour moi un cauchemar, car je devais trouver de l’argent pour payer les factures, sans compter les autres dépenses familiales », dit-elle.

Mais de nature optimiste, elle a toujours cru que la roue du destin allait un jour tourner en sa faveur. Mais il lui fallait bien un coup de pouce. Et c’était Eric Mangar qui lui a offert une chance. « Il m’a donnée cinq poules, un poulailler et un sac de nourriture. Il m’a aussi prodigué des conseils sur l’élevage. » Grâce à cette deuxième activité, elle a pu subvenir aux besoins de deux enfants dont l’aîné est en Form V.

Elle avoue que cela n’a pas été facile au début. Elle connaît bien de personnes qui ont abandonné devant les premières difficultés. « C’est une activité où l’on doit sacrifier les loisirs. » Ces années de patience et de persévérance ont finalement porté leurs fruits. Josiane a maintenant une trentaine de poules. Elle rajeunit son stock tous les deux ans et partage les vieilles poules dans le voisinage.

Josiane ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Elle forme actuellement une quinzaine de femmes dans la préparation du compost avec la fiente des poules, qui est utilisé dans le jardinage. Elle apporte aussi son soutien aux femmes de la région qui veulent se lancer dans la production d’œufs. « Eric m’a aidée à sortir de la misère et c’est à mon tour maintenant de soutenir les autres » dit-elle.

Rehana Ameer syndicaliste : «Il faut un cadre légal pour les démarcheurs»

Avec le coût de la vie qui continue à grimper et les salaires qui stagnent, de plus en plus de gens ont recours à un double emploi pour pouvoir offrir une vie décente à leur famille, lance la syndicaliste Rehana Ameer. « Je connais plusieurs mères de familles qui travaillent comme démarcheuse en parallèle de leur travail fixe », indique notre interlocutrice.

Elle conseille, toutefois, aux personnes qui s’adonnent à cette activité de bien lire les contrats de travail qui les lient avec la compagnie de distribution. « Il faut bien voir les conditions d’emplois avant d’accepter ce travail », conseille-t-elle. Rehana Ameer explique que pour certaines compagnies, une fois les articles livrés, toute la responsabilité repose sur la vendeuse. « C’est elle qui doit rembourser pour tout article cassé ou perdu en cours de route. »

Elle déplore aussi le fait que l’on impose un certain volume de vente pour que les démarcheurs bénéficient des commissions et autres avantages et souhaite, en ce sens, l’introduction d’un cadre légal pour les démarcheurs. De plus explique-t-elle, la prudence est aussi de mise, car l’exercice de porte-à-porte comporte aussi des risques, surtout pour les jeunes femmes.

Pour la syndicaliste, avoir un deuxième, voire un troisième emploi, est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur à Maurice. Elle connaît des femmes, qui outre d’être démarcheuse, effectuent aussi le repassage ou le nettoyage chez certaines familles.

Pramode Jaddoo, économiste : «Ils améliorent leur situation financière honnêtement»

« Certaines personnes sont obligées de trouver un deuxième emploi, car leurs salaires sont insuffisants. Ils préfèrent sacrifier leur temps libre pour se faire un peu d’argent pour arrondir les fins de mois. C’est une bonne initiative de leur part », indique l’économiste Pramode Jaddoo. D’autres, soutient-il, sont aussi obligés d’avoir un deuxième boulot pour pouvoir rembourser des dettes contractées soit pour la construction de leur maison ou pour l’achat d’une voiture, entre autres. « Ce qui leur permet d’améliorer leur situation financière honnêtement au lieu de voler ou de s’adonner à des activités frauduleuses », conclut-il.

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