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November 29, 2017

Permis de travail aux étrangers : des magouilles dénoncées à l’Icac

Fin octobre, un groupe d’agents recruteurs a alerté l’Independent Commission against Corruption sur des « magouilles » impliquant un « réseau bien rodé ». Celui-ci comprendrait des fonctionnaires, des nominés politiques, des intermédiaires et deux agents recruteurs.
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Le ministre Soodesh Callichurn et son chef de cabinet, Ramprakash Nowbuth, assurent que des actions sont prises pour mettre de l’ordre dans ce « dirty business ».

Dans une lettre de quatre pages à Navin Beekarry, directeur de l’Independent Commission against Corruption (Icac), des agents recruteurs dénoncent des agissements et autres pratiques douteuses autour de l’octroi du permis de travail à la main-d’œuvre étrangère. Ce réseau réclamerait des pots-de-vin aux directeurs de compagnies et de commerces souhaitant embaucher des étrangers, pour faire accélérer le dossier de demande de permis de travail, selon eux. « Une somme de Rs 20 000 par tête est réclamée pour tout nouveau permis et Rs 10 000 pour son renouvellement », dénoncent-ils.

Les whistleblowers voient d’un très mauvais œil la proximité des deux agents recruteurs avec des fonctionnaires et des nominés politiques. « Ils tentent de contrôler le recrutement de la main-d’œuvre étrangère, en contactant les demandeurs de permis de travail pour leur proposer des travailleurs étrangers. Ils leur donnent l’assurance qu’en travaillant avec eux, leurs dossiers bougeront vite. Du coup, nous perdons énormément de clients à leurs dépens. » Ces lanceurs d’alerte allèguent également que les intermédiaires feraient pression sur certaines compagnies pour embaucher plus de travailleurs étrangers qu’il n’en faut, rien que pour encaisser davantage de pots-de-vin. Ils citent le cas d’une compagnie qui a été contrainte de recruter 400 personnes au lieu de 100. La moitié de ces 400 recrues ont été casées dans des petites entreprises.

«Une mafia s’est installée»

Contacté par Le Dimanche / L’Hebdo, Feizal Ally Beegun, représentant syndical des travailleurs étrangers, princi-palement dans le secteur textile, ne mâche pas ses mots. « Les gouvernements successifs tolèrent les recruteurs illégaux qui graissent les pattes. Certains sont des intouchables, étant proches des politiciens de tout bord. Cela fait longtemps que je tire la sonnette d’alarme sur la mafia qui s’est installée dans le domaine du recrutement. »

Les premiers travailleurs étrangers à fouler le territoire mauricien étaient Chinois. C’était il y a 25 ans. Ils travaillaient dans le secteur textile. « Au fil du temps, la main-d’œuvre étrangère issue d’autres pays, tels que le Sri Lanka, l’Inde, le Bangladesh et Madagascar, a été approchée. Ce qui a permis la prolifération de recruteurs illégaux dans le pays. Si auparavant, les travailleurs chinois œuvraient uniquement dans la zone franche, tel n’est pas le cas de nos jours. Aujourd’hui, le nombre de travailleurs étrangers est de 50 000 et ceux-ci bossent dans les secteurs de la construction, de la restauration, de la boulangerie et même dans le transport public », estime le syndicaliste.

Et de poursuivre que l’heure est venue de prendre des mesures contre les recruteurs illégaux. « La situation est incontrôlable. Pour commencer, le gouvernement doit émettre un communiqué établissant que toutes les compagnies doivent impérativement avoir recours aux recruteurs attitrés. Puis, le ministère du Travail se doit de réclamer des pièces d’identité des recruteurs lors des procédures d’inscription des employés au moment de la finalisation des documents de recrutement. Cette initiative vise également à vérifier l’authenticité des agences de recrutement. Puis, le ministre du Travail en exercice doit joindre le geste à la parole, en menant des actions musclées visant à sanctionner les recruteurs opérant au noir. »

Le mécanisme de recrutement de la main-d’œuvre étrangère

Au ministère du Travail, on avance que tout recruteur doit impérativement détenir un Recruitment Licence, débourser une somme annuelle de Rs 12 000 pour le Licence Fee et détenir une bank guarantee d’un montant de Rs 500 000.

Avant de détenir le Recruitment Licence, délivré par le ministère du Travail, la personne doit remplir un formulaire auprès dudit ministère. Ce n’est qu’après recommandation du Bureau du Premier ministre et après avoir respecté les règlements que le dossier du demandeur pourra être considéré. Ainsi seuls les agents recruteurs dont les noms figurent sur la liste du ministère du Travail sont attitrés.

« Normalement, un recruteur n’est pas autorisé à prendre de l’argent des travailleurs étrangers. Bien souvent, les agents recruteurs, qu’ils soient attitrés ou illégaux, font le déplacement à l’étranger pour encaisser la somme réclamée aux travailleurs. L’argent n’est pas déclaré et ils ont recours à des astuces pour justifier le montant qu’ils détiennent. Légalement, le ministère ne peut sanctionner ces recruteurs, car nous ne détenons pas de preuves concrètes pour les épingler », explique un haut cadre du ministère.

Et de préciser qu’une compagnie n’est pas dans l’obligation d’avoir recours à un agent recruteur. Un haut cadre de la compagnie peut jouer les intermédiaires. Ce qui, selon le ministère du Travail, constitue une entorse, le médiateur n’étant pas un recruteur. Tant qu’il n’y a pas de plaintes à ce sujet, aucune action ne sera prise. « En revanche, il y a des étrangers qui veulent à tout prix travailler à Maurice, en raison de la valeur de la roupie et du coût de la vie. Ils proposent de fortes sommes d’argent, allant jusqu’à Rs 50 000, aux recruteurs, afin d’être embauchés. Une fois à Maurice, ils sont confrontés à une autre réalité. »

Le ministère du Travail est ouvert à toute importation de main-d’œuvre étrangère, peu importe le pays d’origine du travailleur. L’employeur doit simplement démontrer que sa compagnie est profitable, qu’il y a un manque de main-d’œuvre sur le marché local et pouvoir justifier l’importance de la présence du travailleur étranger. Il convient de rappeler que Maurice dispose de travailleurs étrangers originaires de 85 pays. Les secteurs qui sont en demande sont le textile, la boulangerie, la restauration (cuisine) et la construction.

En chiffres

Ce sont les Bangladais qui ont la cote, selon les données du ministère du Travail. Valeur du jour, environ 21 967 Bangladais travaillent à Maurice. L’Inde est en seconde position avec 8 401 ouvriers, suivie de Madagascar (3 898), puis la Chine (2 421). Les recruteurs ont recours aux ouvriers bangladais, en raison de la pauvreté extrême et la rareté de l’emploi auquel fait face ce pays. Pour régler leurs frais d’avion, entre autres, ils vendent leurs terres ou encore empruntent de l’argent à leurs proches. À l’embauche des travailleurs, les recruteurs font le déplacement au Bangladesh, ou encore en Inde et à Madagascar. Contrairement au recrutement des ouvriers chinois, où le recruteur est basé en permanence en Chine.

Number of valid work permits by industrial group & sex, as at end of May 2017
Industrial groupMaleFemaleBoth Sexes
Agriculture, hunting and forestry 1841185
Fishing 52153
Manufacturing21,8529,47831,330
Electricity, gas and water supply19019
Construction4,961405,001
Wholesale & retail trade; repair of motor vehicles, motorcycles & personal and household goods53822560
Hotels & restaurants554102656
Transport, storage & communications19973272
Financial intermediation531265
Real estate, renting and business activities18923212
Information technology41546
Public administration and defence; compulsory social security12820
Education161935
Health & social work12874202
Other community, social and personal service activities652134786
Private households with employed persons4812
Total29,45410,00039,454

Soodesh Callichurn : «C’est devenu un ‘dirty business’ depuis longtemps»

Le ministre du Travail nie toute magouille entourant les procédures de recrutement de travailleurs étrangers. Il souligne qu’il fait de son mieux pour « mettre de l’ordre » dans le secteur. « Les actions, ainsi que la direction, que nous prenons démontrent la volonté du ministère de mettre de l’ordre dans le secteur. Mais notre tâche n’est pas aussi facile. Le recrutement de travailleurs étrangers est devenu un dirty business depuis longtemps. Ce sont plutôt des agents qui ont profité du système en utilisant le nom de certains officiers. »

Et de concéder que « son ministère dispose de cadres et de paramètres, que les employés n’ont pas le droit de franchir ». Il souligne qu’on a proposé à des recruteurs d’avoir recours aux ouvriers originaires de Madagascar, de l’Inde ou encore du Népal pour briser les vested interests lors du recrutement.

« Notre objectif est d’arrêter les abus des agents recruteurs, qui se font de grosses sommes d’argent aux dépens des travailleurs étrangers. La loi autorise toutefois les agents recruteurs de faire du canvassing dans des usines. Il y a une connivence entre les agents recruteurs et certaines brebis galeuses dans les entreprises, par exemple, des responsables des Ressources humaines. Les recruteurs leur proposent de l’argent et en retour, bénéficient de contrats. Mais au niveau du ministère, c’est simple. Si l’agent est de bonne foi, il aura son permis de recrutement sans problème. Au cas contraire, il ne l’aura pas », reconnaît le ministre du Travail.

Ramprakash Nowbuth, secrétaire permanent au ministère du Travail, dément toute malversation dans l’allocation des permis de travail (Work Permit). « Il est vrai que certains permis tardent plus que d’autres, mais il y a des explications. Notamment, les dossiers incomplets ou mal ficelés. En principe, la finalisation des dossiers prend entre deux semaines et un mois. Il y a des cas qui restent en suspens pendant sept ou huit mois. »

Et de souligner qu’« aucun dossier en bonne et due forme n’est bloqué au ministère du Travail ». Ramprakash Nowbuth indique aussi qu’« aucun agent recruteur n’est proche du ministère du Travail ». Ces agents recruteurs, qui sont au nombre de 50, fait ressortir Ramprakash Nowbuth, travaillent tous auprès du ministère du Travail.

« Concernant les allégations entourant les permis de travail accordés abusivement, sachez que tel n’est pas le cas. Il y a un Work Permit Committee, réunissant des représentants de divers ministères et du Passport and Immigration Office, présidé par un représentant attaché au Bureau du Premier ministre. Ce comité a pour responsabilité d’analyser et d’évaluer chaque demande, ainsi que l’envergure des projets, avant d’avaliser tout recrutement », conclut-il.

 

 

 

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