
Archive Photo: Marchands Ambulants
Mais ils ne sont pas les seuls. Il en est de même pour les marchands de plage, qui n’hésitent pas à planter des tentes sur le sable, ou encore pour les taxis marrons. Ces citoyens qui ont décidé de ne pas se plier aux règles agissent souvent en connaissance de cause: dans bien des cas, ils savent que les autorités choisiront de fermer les yeux.
Selon leur appellation, ces marchands devraient déambuler dans les rues et vendre leurs produits. Mais ceux qui ont envahi les artères de la capitale et des autres villes s’apparentent plus à des campeurs. À Port-Louis, ils ont élu domicile à la gare Victoria, à la rue Farquhar et dans tous les coins très fréquentés.
Ils sont accusés de faire beaucoup de tort aux commerçants. Ces derniers doivent s’acquitter d’un Trade Fee et de la taxe municipale alors que les marchands de rue qui opèrent dans l’illégalité n’ont rien à payer eux. Si au niveau de Rose-Hill, Quatre-Bornes, Vacoas et Curepipe, la situation est prise au sérieux, c’est différent à Port-Louis. Dans la capitale, la mairie a décidé de ne plus sévir, estimant que c’est à la police de prendre des sanctions. «Si on les empêche de travailler, ils sont capables de faire bien pire», estime la lord-maire, Dorine Chukowry.

Les marchands de plage sont une véritable plaie pour l’environnement. Beaucoup de personnes les accusent de pollution. Certains de ces marchands n’hésitent pas à construire des abris permanents, ce qu’ils n’ont pas le droit de faire.
Le ministère du Logement et des Terres a, à maintes reprises, ordonné leur expulsion. Mais ils sont tolérés pour des raisons «humanitaires». «Comme cette activité est leur seul gagne-pain, nous ne pouvons pas les expulser sans leur proposer une alternative», avait déclaré le ministre Abu Kasenally à l’express en juin dernier.

Des maisons qui donnent directement sur la route. Des tronçons de trottoirs convertis en salon. C’est chose commune dans plusieurs régions de l’île. Dans les faubourgs de Port-Louis, une famille n’a pas hésité à étendre sa véranda jusqu'au trottoir, censé servir à la sécurité des piétons. Pour se justifier, le propriétaire de la maison explique que plusieurs autres demeures ont été construites de la sorte.
Au niveau de la municipalité, on admet que des sanctions devaient être prises. Mais après plusieurs mois, la situation n’a pas changé. Un conseiller municipal nous confirme que les constructions sur les trottoirs sont «complètement illégales». Il précise que «normalement des sanctions sont prises à l’encontre de ces personnes. Quand il s’agit d’un bâtiment commercial, nous avons les moyens de vérifier puisque la personne doit passer à nouveau à la mairie pour des permis d’opération et nous vérifions à nouveau que la construction suit les plans. Mais nous ne pouvons pas surveiller toutes les maisons qui sont construites dans toute la ville.»
De nombreuses taxes immobilières dans les villes restent impayées. La loi oblige pourtant les citadins à s’acquitter de ces taxes mais dans les faits, et en suivant la procédure, de nombreuses personnes ont trouvé le moyen d’y échapper. «Il incombe aux citadins d’évaluer leurs biens et de soumettre les détails à la mairie. De notre côté, nous demandons aux Government Valuers d’évaluer le montant de la taxe immobilière. Mais malheureusement, les gens ne suivent pas le règlement», explique un conseiller de la capitale.
Il est assez courant que des familles s’achètent des poulets et des canards dans le but de les soigner et de les vendre. C’est le cas dans plusieurs régions. Mais quand les habitations sont peu espacées, cela peut poser problème.
Nourrir ces bêtes dans l'arrière-cour familiale n’est pas un délit. Mais encore faut-il se conformer aux règlements définis par les autorités concernées. L’élevage de ces animaux en zone résidentielle ne doit pas constituer une nuisance pour le voisinage. Dans bien des cas, les autorités sont au courant de situations irrégulières sans que des sanctions soient appliquées.
Les cigarettes ne peuvent être vendues que par paquet, la vente au détail étant interdite. Toutefois, dans les boutiques, cette pratique n’a pas disparu. Ainsi, le commerçant qui possède un stock de paquets de cigarettes peut choisir d’ouvrir un paquet et d’en vendre le contenu à l’unité. Libre à lui d’en imposer le prix. Certains consommateurs qui ne peuvent s’acheter un paquet de cigarettes au complet acceptent de payer un peu plus cher pour en acheter à l’unité.
Aucune extension aux appartements ne peut se faire sans autorisation de la National Housing Development Company. Pourtant, plusieurs dizaines de familles ont ajouté des pièces à leur appartement sans en informer les autorités. La direction de la NHDC, bien informée de la situation, nous confirme que ces constructions sont bel et bien illégales. «Nous nous sommes trop souvent retrouvés devant le fait accompli», reconnaît le directeur de la NHDC, Bashir Khodabux. Les autorités peuvent pourtant ordonner la démolition de ces constructions…
À Port-Louis comme ailleurs, et surtout dans les grands villages, les taxis marrons font partie du paysage… et défient les lois tout en étant tolérés. Dans la capitale, ils sillonnent surtout les faubourgs et assurent le trajet jusqu’au centre-ville. L’ennui, c’est qu’ils font de l’ombre aux taxis qui sont en règle et qui ne cachent pas leur colère.
Les chauffeurs de taxi et d’autobus qui sont en règle dénoncent ce qu’ils estiment être une «faveur» faite aux opérateurs de taxis marrons. Car si l’un d’eux se fait attraper alors qu’il opère illégalement, il n’est pas pénalisé par rapport au permis à points.
Les courses automobiles clandestines se poursuivent malgré quelques interventions policières. Les amateurs de vitesse s’y adonnent souvent sur la nouvelle route reliant Terre-Rouge à Verdun, ou encore aux abords du réservoir de La Nicolière et à Bras-d’Eau. Bien que certains organisateurs de ce type d’événements cherchent la permission des autorités, d’autres s’adonnent quand même à des courses clandestines malgré les efforts de la police pour empêcher ces activités illicites et dangereuses.
Les mairies et les conseils de district regorgent de cas où des plans de construction de maisons ont été soumis aux autorités en vue de l’obtention d’un permis de construction. Sauf qu’à l’achèvement des travaux, la construction ne ressemble plus aux plans initiaux. Des pièces ont été rajoutées mais les mairies sont encore une fois mises devant le fait accompli.
Toute forme de pollution de l’environnement est passible de sanctions. Outre les incendies dans les champs de canne qui sont souvent criminels, il est aussi courant à Maurice de mettre le feu aux déchets dans les arrière-cours. Loin de se soucier de l’environnement ou du voisinage, certains n’hésitent pas à disposer de leurs déchets de la sorte, évitant ainsi, après avoir fait le grand ménage, d’attendre le passage des camions de la voirie.
Les berges des rivières sont protégées par la loi. Selon la Forests and Reserves Act, aucune activité ne peut être effectuée à moins de 16 mètres des berges. De plus, arracher des plantes se trouvant dans cette zone est considéré comme illégal. Pourtant, plusieurs personnes continuent à avoir recours à de telles pratiques. Dans le passé, une personnalité proche du pouvoir n’avait pas hésité à se procurer des plants de bambou à des fins de déco. L’affaire avait été dénoncée dans la presse mais aucune sanction n’avait été retenue.