Plages: ces terrains minés

5 years, 4 months ago - September 01, 2016
Pancarte sans équivoque fixée sur plusieurs propriétés entre Péreybère et Bain-Bœuf

Pancarte sans équivoque fixée sur plusieurs propriétés entre Péreybère et Bain-Bœuf

Des transats installés, aux premières loges, sur plusieurs plages très fréquentées… Notamment à Péreybère.

Un cas à Pointe-d’Esny, la semaine dernière, d’une mère de famille alléguant avoir été expulsée d’un bout de sable par un propriétaire de campement. La plage serait-elle devenue un terrain miné ?

Direction Pointe-d’Azur, à Péreybère, pour une balade qui nous mènera jusqu’à Bain-Bœuf. Si la plage est une invitation à se poser, attention où vous posez les pieds. Aucun doute n’est permis, les pancartes d’avertissement disposées devant les campements ou sur les murs des propriétés sont on ne peut plus claires. Elles vous citent même une disposition du Code civil et certaines vous préviennent que les contrevenants risquent une amende de Rs 10 000. Ajoutez à cela des poteaux plantés dans le sable ; certains munis de cordons de sécurité…

«Zot get ou dan figir kouma dir voler.»

Spontanément, Didier Castel, un habitant de Cap-Malheureux, témoigne. «Monn déza gagn pousé la.» Il affirme que cela lui est arrivé il y a environ deux ans. Et depuis, il a vu d’autres personnes vivre la même mauvaise expérience. «Kan ou pas divan zot lakour, zot get ou dan figir kouma dir voler. Pa koné sipa sa bann dimounn la gagn drwa fer sa.» Nous lui montrons la pancarte qui mentionne la «ligne de haute marée» et le «droit d’occupation exclusif». L’habitant persiste : «Laplaz népli pou nou.» Après avoir tempêté contre les propriétaires, il finit par lâcher : «Selman, nou ousi nous bizin konn konport nou lor laplaz.»

Plusieurs mètres plus loin, l’accès se rétrécit. Le sable laisse la place à un étroit passage de pierres qui fait partie du mur d’enceinte des propriétés. Une seule personne peut passer à la fois. Mathieu et Valérie, deux touristes français venus de Lille, s’accommodent de la situation. Installé pile devant une propriété, Mathieu confie : «Ça nous surprend un peu. On trouve les plages tellement superbes qu’on a envie d’en profiter un peu partout. On n’a pas l’impression de gêner les gens. Mais bon, si c’est la loi.»

«Il fallait le demander plus gentiment.»

Par précaution, c’est devant une villa aux volets clos que les deux touristes ont déplié leur serviette. Un endroit choisi à dessein. «La dernière fois qu’on s’est mis là où il y avait quelqu’un dans la villa, il nous a plus ou moins gentiment demandé de partir», soutient le touriste, qui pèse ses mots et fait un sourire ironique quand il dit «plus ou moins gentiment».

«Cette personne nous a dit qu’elle en avait marre de répéter la même chose, que c’était écrit et que c’était chez elle. On a bougé, mais il fallait le demander plus gentiment», ajoute Mathieu. Mais pourquoi ne pas aller à la plage publique ? «On trouve cet endroit tellement tranquille et tellement joli qu’on a préféré venir ici

Nous faisons le grand saut vers le Sud. Point de chute : Pointe-d’Esny. Sur la route, un préposé à la maintenance et au gardiennage d’un club privé témoigne, sans décliner son identité. «Kot mo travay, personn pa gagn pousé. Je n’ai jamais vu quelqu’un du club renvoyer quelqu’un qui serait venu sur la plage. Je n’ai jamais eu de consigne pour pous dimounn laba.»

Catégorique le gardien. Mais pressé de questions, il nuance ses propos. «Éna so moman, éna so limit kot gagn drwa alé.» Il y a un panneau sur place qui indique ce qu’il faut ou ne faut pas faire, fait-il ressortir. «É si enn dimounn dépas sa, nou vini pou dir li ki isi sé privé.»

Direction Rivière-Noire à la rencontre de Soopaya Veerapen, président des forces vives. Cela fait plusieurs années qu’il attire l’attention sur sa région. «Le plus gros problème, c’est le domaine public. Il y a deux types de bail: celui qui finit avec les bornes et celui qui va jusqu’à la ligne de haute marée (NdlR : high water mark). Cela ne veut pas dire que la propriété va jusque dans la mer. Tout le monde a le droit d’en profiter et il est interdit de faire obstruction

Le président des forces vives fait valoir qu’il n’a rien «contre le développement». Cela, avant de s’insurger contre la difficulté d’accès à la Batterie de l’Harmonie, un vestige historique où «il y a un barrage depuis la route principale, la B9, qui nous empêche de passer». Il affirme que c’est au cas par cas qu’on laisse passer les gens.

Text by lexpress.mu

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