Rapport de l’Audit 2020-2021: retrouvez les points saillants

8 months ago - April 02, 2022
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Encore et toujours des chiffres qui tuent. Selon le rapport de l’Audit, au lieu de l’équilibre budgétaire promis dans le Budget 2020-21, on se retrouve avec un déficit budgétaire de Rs 30,4 milliards, soit 7 % du PIB.

L’emprunt représente la plus grosse source de revenus du gouvernement dans le «Consolidated Fund», soit Rs 135,3 milliards. Ce qui n’augure rien de bon pour la présentation du Budget, en juin. 

Éducation

La «Special Education Needs Authority» sur la sellette  

Cette année, plusieurs éléments de discorde reviennent en force dans le nouveau rapport de l’Audit. Par exemple, la Special Education Needs Authority (SENA) fait à nouveau parler d’elle. Le National Audit Office le retard considérable dans sa mise en opération. La vérification du (NAO) observe ainsi per capita grant après la proclamation de la n’a pu être entamée. Aussi, trois ans SENA Act, en décembre 2018, l’autorité n’est pas complètement opérationnelle. Depuis le 29 octobre 2019, la SENA a enregistré 2 253 apprenants et 53 ONG comme bénéficiaires des leurs activités. Le Budget 2020-2021 prévoyait Rs 198,1 millions à cet effet. Or, seulement Rs 177,6 millions ont été grant in aids pour déboursées. Le recrutement au sein de la SENA n’a pas été finalisé en 2021, ce qui entrave son bon fonctionnement.  

Parallèlement, le NAO constate des manquements sur les enregistrements et mises à jour pour l’évaluation des terrains et bâtiments pour 277 écoles primaires et collèges. Les véhicules et transports ainsi que 52 480 tablettes acquises pour les Grades 1, 2 et 3 n’ont pu être enregistrés dans le Government Asset Registrar d’effectifs ? De plus, la Trésorerie mentionne la mise en place d’un plan pour l’enregistrement de ces . Est-ce dû à un manque vite. Le rapport montre d’autres lacunes dans la gestion des capitaux et les procédures d’approvisionnement. Pour la assets au plus construction et la rénovation des écoles, le budget alloué était de Rs 631,3 millions en 2020-2021. Mais seulement Rs 177 millions ont été déboursées. Certains projets ont même été sujets à réévaluation au niveau des coûts. Des retards dans l’attribution des contrats, ainsi qu’un délai excessif dans les procédures sont aussi mis en exergue. 

Sécurité sociale

Encore des décisions prises au petit bonheur la chance

Retard dans la construction des logements sociaux, une vérification des ressources des ménages éligibles pour une allocation de subsistance mensuelle reposant sur un test d’évaluation datant de 2012, ce sont là quelques-unes des critiques du bureau de l’Audit à l’égard du ministère de l’Intégration sociale.  

En matière de logements sociaux, l’Audit fait ressortir l’incapacité du ministère à fournir des logements sociaux. Si à août 2021, quelque 1 500 ménages étaient demandeurs de telles maisons, à octobre 2021, seules 98 unités avaient été livrées aux bénéficiaires éligibles.  

Durant l’année financière 2020-2021, le ministère a versé Rs 231 millions d’allocation mensuelle de subsistance à quelque 5 400 ménages éligibles et figurant sur le registre social. À la suite d’amendements apportés à la Social Integration and Empowerment Act, le seuil de cette allocation est passé de Rs 9 520 à Rs 10 500 à partir du 1er juillet 2021. Les ménages éligibles ont dû s’inscrire à nouveau pour bénéficier des plans d’autonomisation et, au 30 novembre 2021, quelques nouveaux ménages ont été trouvés éligibles.  

Une évaluation de ce plan de soutien à l’autonomisation a indiqué que l’unité de monitorage et d’évaluation censée procéder au réenregistrement n’était toujours pas opérationnelle principalement en raison du manque d’indicateurs pour cet exercice. L’intégration du registre avec les autres registres et systèmes gouvernementaux avait été négligée et le test d’évaluation s’est basé sur une enquête du budget des ménages datant de 2012. L’exercice de réenregistrement effectué entre juillet et octobre 2020 a montré qu’à la fin de mars 2021, seuls 4 469 ménages étaient éligibles à cette allocation mensuelle. Le bureau de l’Audit souligne qu’il y avait un risque, vu le test subséquent basé sur l’enquête du budget des ménages de 2017, qu’au 30 juin 2021, quelque 5 437 ménages (les réenregistrés et les nouveaux) auraient pu ne plus être éligibles si le dernier test avait été appliqué. 

650 tablettes excédentaires achetées

En novembre 2020, la National Empowerment Foundation a acheté 1 500 tablettes pour les enfants figurant sur le registre social et scolarisés en classes de Grade 10 à 13. Le contrat a été alloué en janvier 2021 pour Rs 17 millions. Or, une évaluation préalable n’a pas été faite. Et il se trouve que 650 tablettes achetées et coûtant un total de Rs 7,5 millions pourraient être excédentaires car l’évaluation a porté sur l’âge des enfants et non sur le niveau de leurs classes. Et, au 21 septembre 2021, seuls 644 sur les 1 100 enfants en ayant besoin avaient reçu leur tablette. 

Ministère de l’Égalité du genre

Contrôle irrégulier des enfants placés en familles d’accueil

Le système de famille d’accueil a été légalement mis en place sous la Child Protection Act dans l’optique d’offrir une famille de substitution temporaire aux enfants victimes d’abus ou négligés. Étant entendu que les fonctionnaires de la section Foster Care du ministère de l’Égalité du genre font des suivis de ces enfants aussi bien dans leur cadre scolaire que dans leur famille d’accueil et que le secrétaire permanent de ce ministère rende mensuellement visite aux familles pour voir que ce placement se déroule dans le meilleur intérêt de l’enfant. A la fin novembre 2021, 85 enfants avaient été placés dans 72 familles d’accueil et les dépenses pour l’année 2020/2021 se montaient à Rs 5 millions alors la dotation budgétaire pour ce projet était de Rs 7 millions. Cependant, l’Audit a noté que les visites des fonctionnaires du ministère à ces familles d’accueil n’étaient pas régulières. Entre juin 2020 et novembre 2021, seules 46 familles ont reçu une unique visite. Le ministère a alloué des contrats de gestion de trois shelters du gouvernement, La Cigogne, L’Oasis et La Marguerite à deux organisations non gouvernementales, la Children’s Foundation et l’Association for Population and Development, pour la somme totale de Rs 29 millions sur une période d’un an. Ces organisations étaient responsables de la gestion quotidienne de ces shelters et devaient s’assurer qu’elles appliquent les Guidelines for Alternative Care of Children. Or, le bureau de l’Audit a examiné les contrats donnés à ces deux organisations et a noté qu’ils n’ont pas été renouvelés à expiration en raison d’une absence de suivi et du fait que les conditions des contrats n’aient pas été respectées car aucun relevé de comptes de La Cigogne et La Marguerite n’a été soumis au ministère et il n’y avait aucune preuve que leurs comptes avaient été inspectés par les fonctionnaires du ministère. L’Information Management System, système informatique qui aurait permis au ministère de faire le monitorage et le suivi en temps réel de quatre shelters du gouvernement et de 19 abris gérés par des organisations non gouvernementales, n’avait toujours pas été installé en novembre 2021, soit sept mois après que le projet a été approuvé. Aucune dotation n’a été allouée à cet effet dans les estimations budgétaires de 2020-22. 

National Development Unit

Rarement à l’heure, toujours du retard

La National Development Unit (NDU) est aussi épinglée dans le rapport de l’Audit. Si des projets sont retardés, c’est en raison d’un manque de précision quant aux estimations des coûts des projets. C’est ainsi que pour l’année 2020-2021, la NDU a effectué 47 exercices d’appels d’offres et parmi, 24 ont été annulés en raison de grande différence entre le prix estimé du projet et les appels d’offres.  

À titre d’exemple, des travaux de construction de drains étaient estimés à Rs 4,8 millions dans les régions de Coromandel, Petite-Rivière et Beau-Bassin, mais l’offre la plus basse était de 8,3 millions. Du coup, cet appel d’offres a dû être relancé et cela a engendré des dépenses supplémentaires et occasionné du retard.  

Le rapport fait qui plus est mention de la mauvaise performance de certains entrepreneurs, qui accumulent du retard au niveau des chantiers. Ainsi, sur 152 contrats alloués en 2020-21, 47 projets étaient à la traîne par rapport au calendrier établi et 17 ont connu un retard de plus de six mois. Durant les trois dernières années, 30 % des projets ont pris du retard. 

Law & Order

Safe City, hélicoptères et radar scrutés

À octobre 2021, 102 caméras de vidéosurveillance intelligente (IVS) n’avaient pas encore été installées sur 22 sites, sur 4 000 IVS prévues pour 2 000 sites. Il a été noté que les caméras Safe City ont aidé les services police à résoudre 254 cas pour la période comprise entre janvier 2019 et novembre 2021. Le nombre de cas résolus était à la hausse en raison des progrès réalisés dans l’installation des caméras.  

Par ailleurs, le coût élevé de la maintenance et l’utilisabilité des hélicoptères ont également été décriés. Les hélicoptères ont été cloués au sol et pas opérationnels pendant une longue période. Au cours des trois dernières années, les quatre hélicoptères Chetak et l’hélicoptère Dhruv étaient hors service pendant 261 et 362 jours respectivement. Il y a des retards en ce qu’il s’agit des réparations/révisions en raison notamment de l’indisponibilité des pièces de rechange – qui coûtent cher – dans les magasins.  

Le radar de la National Coast Guard était, en outre, considéré comme «outdated» depuis plusieurs années. 

Données emprisonnées

Les fiches informatisées pour l’historique des rémunérations des employés du milieu carcéral ne sont pas mises à jour, notent les auditeurs. De fait, le système informatisé de cartes de salaires n’a pas été implémenté comme l’avait préconisé le ministère des Finances. Les données des gardiens de prison – date de recrutement, allocations, promotion ou congés maladie – n’ont pas été enregistrées. La prison n’a par ailleurs aussi soumis aucun rapport annuel au ministère des Finances en vertu de la loi sur les finances et l’audit. 

Des salaires par millions pour des policiers suspendus  
Au 30 juin 2021, 101 agents de police étaient sous le coup d’une interdiction d’exercer ou d’une suspension. Mais, le montant des salaires perçus par ces officiers lors de l’année financière de 2020-21 s’élevait à environ Rs 24,3 millions. Le nombre d’officiers n’ayant pas le droit d’exercer était en hausse, note en outre le rapport. Dans plusieurs cas, les périodes d’interdiction ont duré plusieurs années et une fois leurs dossiers traités, les officiers concernés ont été licenciés ou autorisés à réintégrer leur poste. En octobre 2021, les présumées infractions dans le cas de plus de 50 % des agents suspendus faisaient toujours l’objet d’enquêtes policières. Parmi celles-ci, 57 pour trafic de drogue et sept autres pour meurtre et agression.  

Le bureau de l’Audit a également soulevé le cas de cet officier de police qui a été suspendu pendant neuf ans. Il a perçu Rs 2,8 millions avant d’être licencié. Le rapport déplore ainsi la lenteur des procédures concernant les enquêtes dans ces différentes affaires. Des problèmes pourraient être occasionnés par des procédures de sélection inadéquates avant l’embauche de nouvelles recrues ou encore le manque de cours ou d’ateliers réguliers pour les policiers pour promouvoir l’intégrité, l’honnêteté et la responsabilité au sein de la force policière. 

Sécurité routière

Des appels d’offres dans le coaltar

Rs 180,7 millions. C’est le montant du contrat alloué pour la construction et l’installation de dispositifs pour la circulation et la sécurité routière pour l’année financière de 2020-2021, et octroyé le 11 août 2020.  

L’Audit énonce trois lacunes. Tout d’abord, une hausse répétée du montant du contrat. En février 2021, le Central Procurement Board a approuvé l’augmentation de cette somme de 25 %, à Rs 225,8 millions. Celle-ci avait augmenté de 25 % pour la période 2014-2016 et pour les exercices de 2017-2018 et 2018-2019. L’Audit note que cela est devenu une pratique courante au ministère, indiquant une mauvaise planification des projets. La portée des travaux n’a pas été correctement définie au stade de la conception. Du coup, des mesures correctives ont été prises par la Traffic Management and Road Safety Unit en adoptant un Framework Agreement sur une période contractuelle de deux ans. Le contrat a déjà été attribué le 21 janvier 2022.  

Autre problème : l’absence d’appels d’offres compétitifs. Ce qui fait que le même entrepreneur se voit attribuer des contrats annuels depuis 2017. Seuls deux soumissionnaires ont répondu à l’appel d’offres lancé au cours des années financières 2017-18, 2018-19 et 2020-21. Bien que le contrat ait été attribué au soumissionnaire qui proposait le prix le plus bas, les auditeurs estiment que l’attribution de contrats supérieurs à Rs 150 millions au même entrepreneur, sur plusieurs années, n’est pas raisonnable.  

Le ministère indique que pour le contrat pour la période 2021-23, le Framework Agreement pour les appels d’offres, par zone et par type de travaux, a été adopté. Un exercice d’appels d’offres international a été effectué. L’Audit fait également état d’erreurs dans la préparation des Bills of Quantities. 

Sports et loisirs

La gestion des soutiens financiers pointée du doigt

Comme bien d’autres ministères, celui de l’Autonomisation des jeunes, des Sports et des Loisirs a une nouvelle fois été épinglé dans le rapport de l’Audit publié hier. Le manque de contrôle des fonds accordés à la Mauritius Multisports Infrastructure Ltd (MMIL), au Mauritius Sports Council (MSC), au Trust Fund for Excellence in Sports (TFES) et à l’International Academy for Soccer School (IASS) fait tache dans la gestion du portefeuille des Sports. Le fait que ce ministère n’ait toujours pas soumis son rapport pour l’année financière 2020-2021 est aussi décrié. Cette remarque s’applique également au MSC dont le rapport financier n’est toujours pas disponible.  

Un total de Rs 256,8 millions a été déboursé par le ministère pour soutenir les instances citées plus haut. Toutefois, on dénote un manque de contrôle dans la gestion de cette somme, comme ce fut le cas en 2019-2020 alors que le ministère ne s’est pas correctement renseigné sur la manière dont cet argent a été dépensé. Le bureau de l’Audit dresse le même constat pour le Comité d’organisation des Jeux des îles (COJI 2019) et se demande d’ailleurs si les fonds déboursés ont été utilisés adéquatement.  

Le State Recognition Scheme – qui offre une allocation financière aux anciennes gloires du sport local – occupe aussi une place de choix dans le document. L’Audit explique que Rs 5,2 millions ont été allouées au TFES pour mener à bien le déboursement mensuel des fonds aux anciens athlètes pour la période 2020-2021. Le rapport explique qu’aucune procédure n’a été enclenchée par le ministère pour savoir si les bénéficiaires disposent d’un certificat de moralité afin que les allocations puissent être distribuées. La liste soumise par le TFES en mai 2021 des athlètes ayant pris leur retraite n’a pas été dûment signée, ni approuvée par le ministère. 122 athlètes bénéficient du State Recognition Scheme et une somme de Rs 1 million a été allouée pour la période 2020-2021.  

Comme dans son dernier rapport, le bureau de l’Audit a également recommandé que les locaux du ministère au Citadelle Mall soient utilisés de manière optimum. Ces locaux étant sous-utilisés, ils contribuent à un surplus de la charge financière du gouvernement. 

Services publics

La CWA et la WMA mauvaise débitrices

La Central Water Authority (CWA) et la Wastewater Management Authority (WMA) doivent de l’argent à l’État, mais elles peinent à rembourser. Le bureau de l’Audit rappelle que dans son rapport de 2019- 2020, il avait attiré l’attention sur le fait que la CWA devait de l’argent au gouvernement et qu’au niveau du ministère des Services publics, il n’y avait aucun document lié à ces emprunts. Il rappelle aussi qu’au 30 juin 2020, la somme due s’élevait à Rs 3,88 milliards. Pour l’année financière 2020-2021, il n’y a eu aucun remboursement de la CWA. Toutefois, Rs 64,7 millions ont été versées à l’organisme. De plus, le rapport fait état qu’un montant de Rs 732,8 millions a été rayé de sa dette. Cependant, avec les intérêts qui s’élèvent à Rs 16,7 millions, la CWA doit toujours Rs 3,2 milliards.  

La WMA ne fait pas mieux. Au 30 juin 2020, elle devait pratiquement Rs 3,4 milliards à l’État. Les cadres de la WMA ont expliqué que par manque d’abonnés, elle n’arrive pas à récupérer l’argent investi dans les infrastructures. L’argent qu’elle récolte est utilisé pour des dépenses courantes. De plus, l’exemption accordée par le gouvernement pour que certaines catégories d’abonnés ne paient pas leur facture pendant le confinement lui a valu un manque à gagner, ont-ils expliqué.  

Par ailleurs, le bureau de l’Audit a noté que la CWA et le Central Electricity Board n’ont pas soumis de rapports annuels. 

Santé : Millions, rats et pigeons

De quoi rendre malade le contribuable. Le ministère de la Santé fait encore figure de mauvais élève en ce qui concerne les dépenses pendant la pandémie. Cependant, cette fois, le rapport met également en lumière plusieurs autres problèmes, dont le calvaire des patients à l’hôpital Brown-Séquard. 

Manque de transparence

Dans son précédent rapport, le bureau de l’Audit avait fait ressortir qu’il y avait un manque de transparence quant aux choix des traiteurs pour les centres de quarantaine. Selon le rapport 2020-2021, le problème n’a toujours pas été réglé. Il ressort que Rs 7,3 M ont été payées à trois traiteurs pour fournir de la nourriture dans trois centres de quarantaine gratuits. Comme les procédures d’allocation de contrats n’ont pas été suivies, il est impossible de savoir si les frais payés sont «raisonnables». 

Le prix des médicaments, et il ne s’agit pas du Molnupiravir, est aussi évoqué. Les hôpitaux ont acheté des listed drugs – à savoir ceux qui sont importés par le ministère – et d’autres non-listed drugs sur le marché local pour un montant de Rs 19,1 M. Le prix des médicaments était 17 fois supérieur aux tarifs habituels. Parmi eux, trois ont été achetés alors que les stocks du ministère étaient loin d’être dans le rouge. Concernant les fournisseurs, le rapport fait ressortir que l’un d’eux avait été rejeté par le ministère lors des appels d’offres annuels pour «non-compliance» et un autre car les prix pratiqués étaient trop élevés. Mais ces mêmes fournisseurs ont été retenus lors de l’achat par les hôpitaux… 

Selon le ministère, les dépenses liées aux médicaments sont passées de Rs 54,2 M en 2010 à Rs 19,2 M en 2021. Un framework agreement est en préparation de concert avec le procurement office. 

Rs 10,6 M d’allocations

Les frontliners de la Santé ne devaient pas travailler après deux ou trois semaines dans les centres de quarantaine. Cependant, 16 médecins du ministère de la Sécurité sociale ont travaillé 100 jours dans un centre de quarantaine et ont perçu des allocations de Rs 10,6 M. Parmi ces médecins, dix ont résidé pendant un mois dans un centre et l’un d’eux a travaillé pendant… 226 jours. 

Il y a aussi le cas d’un infirmier qui a travaillé pendant 92 jours consécutifs dans un centre de quarantaine et le ministère a déboursé Rs 920 000 uniquement en frais pour cet employé, soit Rs 10 000 par jour. Aucune documentation n’a été soumise pour justifier ce «discounted rate» négocié par la Mauritius Tourism Promotion Auhority… 

Pour se justifier, le ministère a fait savoir que les médecins qui travaillaient ont été priés de rester en poste pour une meilleure gestion. 

Conditions défavorables à Brown-Séquard

Manque d’espace et d’infrastructures pour les patients, décisions tardives ou encore la qualité déplorable de la nourriture et allocations impayées sont parmi les problèmes notés du côté de l’hôpital Brown-Séquard. Quatorze salles sans distanciation sociale, sans ventilation appropriée, avec des toilettes et salles de bains qui ne sont pas entretenues comme il se doit, sont réservées aux patients qui y suivent un traitement pour des maladies chroniques. Mais il y a pire. Pigeons, rats et chiens errants tiennent également compagnie aux patients lorsqu’ils mangent ou dorment, notent les auditeurs. 

Par ailleurs, le retard dans l’installation d’un mixeur pour l’eau chaude a causé des brûlures chez un patient lorsqu’il prenait sa douche. D’autres n’ont pas d’eau chaude en hiver. Les matelas sont couverts de rouille, les draps déchirés. 

Le ministère a fait savoir que du poison ne peut pas être utilisé dans un tel établissement et que la rodent unit a été sollicitée pour le problème de rats. Une circulaire a aussi été émise pour demander au personnel de s’assurer que la literie soit convenable. 

Plus d’un an pour les traitements cardiaques

En octobre 2021, environ 900 patients attendaient pour une angiographie ou une angioplastie depuis janvier 2020. Maurice dispose de trois appareils pour les examens d’angiographie. Cela explique les listes d’attente interminables. Plusieurs patients qui ont été mis en attente trop longtemps ont dû subir des interventions. Selon le bureau de l’Audit, le manque d’appareils est à l’origine du problème alors que le ministère affirme que la racine du mal est le manque de personnel ou encore de lits, notamment. 

Affaires étrangères

Rs 3,6 millions pour des locaux inoccupés

Pas moins de Rs 3,6 millions ont été déboursées pour des locaux inoccupés. Cela, en raison d’un retard dans la prise de décision quant à la résiliation d’un contrat de location, à la fin du tour de service du personnel diplomatique et, dans un cas, parce qu’un ambassadeur a tardé à prendre ses fonctions.  

Raison évoquée pour ce cafouillage : un manque de coordination et de communication entre ceux effectuant les missions diplomatiques et le ministère des Affaires étrangères. Pas moins de Rs 770 000 ont été déboursées pour un espace inoccupé, entre autres, alors que la plupart des espaces de bureau sis à l’étage d’un immeuble loué par ledit ministère étaient inoccupés. En novembre 2020, Rs 706 000, représentant un loyer pour dix mois, ont été reversées pour l’espace inutilisé. Lors d’une visite sur place le 26 août 2021, il a été constaté que les locaux en question étaient toujours inoccupés.  

L’Audit a également dénoncé le déménagement du haut-commissariat mauricien à Kuala Lumpur, sans autorisation. 

Logements sociaux

Objectif pas atteint

L’objectif  concernant la construction de logements sociaux n’a pas été atteint. Le ministère de tutelle est responsable, fait valoir le rapport, de la formulation des stratégies et des politiques pour ce faire, à travers la National Housing Development Company (NHDC). L’examen des dossiers du ministère a révélé en outre que le suivi est inadéquat en ce qui concerne les activités menées par cette entité. Sur le budget de Rs 1 052 M prévu pour l’exercice 2020-21, le ministère a déboursé quelque Rs 606,5 M.  

Par ailleurs, les terrains à bail appartenant à l’État, loués pour des projets industriels, restent inexploités pendant des années. Des plans directeurs ont été élaborés par le ministère pour les régions de Balaclava, Les Salines et Palmar, notamment. Des state land leases ont ainsi été octroyées à des promoteurs mais, plusieurs années après, dans la plupart des cas, ceux-ci n’ont pas encore démarré leurs projets respectifs. 

 Les dossiers relatifs aux locations ont été examinés et les problèmes suivants notés: aucun développement significatif n’a eu lieu à Balaclava et Les Salines, malgré le soutien du gouvernement ; il y a eu zéro développement à Palmar en raison de retards dans la prise de décision. Pas moins de Rs 185 millions ont été «written off» au cours de l’exercice 2019-2020, et quelque Rs 56,4 millions ont été reportées pour être compensées par les loyers futurs. En novembre 2021, seules deux parcelles de terrain étaient en cours d’aménagement. 

Ministère du travail

Des bureaux sans certification en sécurité incendie

Le rapport indique que, de 16 bureaux loués par le ministère, huit n’ont pas de certificat de sécurité incendie. Dans sa réponse, le ministère a indiqué que 11 bureaux ont déjà obtenu le fameux certificat et que les autres seraient en bonne voie. Les auditeurs ont estimé que ce manque d’égard devait être souligné car ces bâtiments d’utilité publique représentent «un risque important, le gouvernement n’ayant pas respecté les normes de sécurité». 

 L’autre point souligné concerne le bail pour l’occupation des bâtiments. Plusieurs contrats de location auraient déjà expiré. En réponse, le ministère a indiqué que les procédures sont déjà enclenchées pour les renouveler, précisant que cela n’a pas été fait plus tôt car les appels d’offres n’avaient pas encore abouti. 

Autres services

Déficit de Rs 33,3 milliards des fonds de pension publics

L’Audit indique, dans son rapport de juin 2019, qu’un déficit de Rs 26 milliards avait été enregistré sous le Defined Benefit Pension Plans. Un suivi a été effectué sur la base de financial statements soumis le 30 juin 2020. Sur les 72 organismes liés au secteur public, le déficit a été de Rs 33,3 milliards. Le ministère concerné a déclaré qu’un comité technique, composé de la State Insurance Company of Mauritius Ltd et du ministère des Finances, de la planification économique et du développement, a été instauré pour analyser et surveiller la situation financière des fonds de pension des organes statutaires. L’objectif du comité est d’élaborer des recommandations pour combler le déficit des fonds de retraite et assurer leur viabilité à long terme. 

Tourisme

Frais de quarantaine : Rs 10,6 millions non remboursées par un tour-opérateur 
Une agence de recrutement internationale a nommé un tour-opérateur local pour agir comme son représentant auprès des autorités mauriciennes pour la mise en quarantaine des équipages mauriciens des paquebots de croisière qu’elle représente  

Dans son rapport, le bureau de l’Audit note que la MTPA a émis trois factures pour 308 membres d’équipage rapatriés par l’agence de voyages le 10 septembre 2020 et ayant terminé leur quarantaine. Si deux factures d’un montant de USD 153 400 ont été réglées, la facture de 190 croisiéristes qui s’élève à USD 247 000 (environ Rs 10,6 millions) était toujours impayée en octobre 2021, malgré plusieurs relances envoyées par la MTPA qui a fini par faire servir en vain une mise en demeure à l’opérateur le 11 octobre dernier. Le conseiller légal de l’organisme du tourisme a entrepris des actions légales afin de recouvrer le montant dû.  

D’autre part, quelque Rs 103,4 millions ont été facturées aux hôteliers pour les tests PCR et autres frais. En novembre 2021, environ Rs 5,2 millions étaient encore impayées. Dans sa réponse, le ministère du Tourisme explique qu’en janvier 2022, une somme de Rs 807 362 devait être récupérée pour les tests PCR et que la MTPA s’attendait à recouvrir une somme additionnelle de Rs 324 000 à la fin de février 2022.  

La MTPA s’est également vue confier la responsabilité de superviser les charges de la mise en quarantaine des marins du MV Wakashio, qui a fait naufrage à Pointe-d’Esny. En septembre 2020, une réclamation d’USD 31 800 a été envoyée à l’agent maritime. Mais la facture a été amendée à USD 15 030, soit environ Rs 635 000 pour exclure trois membres d’équipage mauriciens et pour la réduction de la quarantaine de l’équipage du Wakashio. Cette facture d’USD 15 030 a été envoyée à l’agent maritime du vraquier japonais en novembre 2021. Or, les réclamations n’ont pas été réglées pour les frais de quarantaine de ces marins. Après une correspondance le 14 janvier dernier, l’agent maritime a accepté de régler le montant très prochainement. 

 Civil Service College

Coup de parpaing sur la tête du contribuable

Le directeur de l’Audit parle d’escalade. Cela, en évoquant l’augmentation du coût de construction du Civil Service College, dédié à la formation des fonctionnaires. De Rs 240 millions en 2018, ce coût a été estimé à Rs 396 millions en octobre 2021. Comme explication, le ministère de tutelle a soutenu que le terrain sur lequel serait érigé le bâtiment devait subir des travaux de nivellement nécessitant une somme additionnelle de Rs 100 millions… Ont également été mis en avant pour justifier cette hausse : l’augmentation des coûts de construction en général et ceux du fret. 

Agro-industrie  

Encore le gros problème de ce marché de gros

C’est devenu une habitude. Chaque année, le rapport de l’Audit en fait ses choux gras. Au 31 octobre de l’année dernière, une somme de Rs 435 millions, dont Rs 16,8 millions comme consultancy fee, avait été investie dans le National Wholesale Market de Wooton. En novembre de l’année dernière, des travaux additionnels y étaient prévus. Alors que ce marché était toujours dans les choux. 

Aviation civile

Un bâtiment de Rs 44 millions inutilisé à cause des défauts de construction

La construction d’un bâtiment dédié à la maintenance, au coût de Rs 44 millions, a été entreprise par un contractuel pour le compte de l’aviation civile. Le projet a débuté le 11 septembre 2018 et devait prendre fin un an plus tard. Mais tel ne fut pas le cas et en deux occasions, un délai additionnel a été accordé au contractuel. C’est en novembre 2019 que les travaux ont pris fin, mais le bâtiment comportait des défauts de construction et est resté inutilisable. 

Text by lexpress.mu

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