
Les municipalités et les conseils de village seront les premiers à subir les conséquences de cette décision. Le Grant-in-Aid (GIA) qu’ils perçoivent annuellement du gouvernement sera ramené à la baisse, soit de Rs 1,9 milliard à Rs 1,7 milliard. Aux Finances, on attribue cette mesure d’austérité à la situation économique difficile.
De son côté, le ministère de tutelle sous l’égide du ministre Hervé Aimée se voit contraint de revoir ses objectifs pour l’an 2012.
La décision du ministère des Finances de réduire drastiquement le Grant-in-Aid des neuf collectivités locales à travers le pays a suscité de vives réactions.
Le lord-maire Mahmad Kodabaccus a sollicité une rencontre avec le Grand argentier pour lui faire part de ses appréhensions face à cette situation. “Nous nous retrouvons avec un déficit de Rs 133 M”, a-t-il déclaré au Matinal.
Le budget annuel de la mairie de Port-Louis, a précisé le lord-maire, s’élève à Rs 700 M. “Notre GIA est passé de Rs 371 M à Rs 330 M, soit une baisse de Rs 41 M. Ce qui fait qu’on est obligé de venir avec des mesures courageuses, voire impopulaires pour pallier ce manque”, a-t-il concédé.
Mahmad Kodabaccus dit ainsi n’avoir d’autre choix que de geler toutes les dépenses sur les groupes socioculturels. Il compte également augmenter le loyer des centres placés sous la responsabilité de la municipalité et qui sont utilisés pour des réceptions et d’autres événements. Les frais d’accès aux différents complexes sportifs seront également revus à la hausse.
Même son de cloche en provenance de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. “La situation est telle qu’on devra peut-être fermer boutique”, a ironisé le maire Norbert Froget. Il dit ainsi préférer remplir les 49 postes d’éboueur vacants que de verser l’argent aux groupes socioculturels et sportifs, afin de pouvoir remplir ses engagements envers les citadins. “On a un choix à faire. On ne peut pas plaire à tout le monde.”
Au ministère des Administrations régionales, le ministre Hervé Aimée et ses officiers sont en train de travailler sur un plan d’actions pour améliorer les recettes des collectivités locales, a-t-on appris. Une des mesures préconisées serait l’introduction d’un “scavenging fee” de Rs 50. Les discussions entres les principaux partenaires sont en cours.