Mahébourg: la grogne s’intensifie contre la ferme aquacole

4 years ago - July 04, 2017
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Implantée dans le sud de l’île depuis dix ans, la ferme marine de Mahébourg est aujourd’hui sous le feu des projecteurs. La raison : elle a considérablement augmenté sa production aquacole.

Alors qu’elle vise à avoir une meilleure viabilité économique, la ferme provoque la grogne chez les habitués des plages. Ces derniers estiment qu’elle constitue un risque quant aux requins et à la protection de l’écosystème, entre autres.

La ferme aquacole, située au cœur du lagon d’Anse-Jonchée, s’étale sur deux sites à environ 3 km de la côte. Elle produit environ 3 000 tonnes de poissons par an, particulièrement pour l’exportation. Une activité que Jérôme Bonieux, gérant d’une école de kitesurf, à Pointe-d’ Esny, qualifie d’«aberration». «Nous sommes dans un espace touristique, c’est un risque de faire de l’aquaculture à travers le pays. C’est dangereux, il peut y avoir des attaques de requins, comme à La Réunion», martèle-t-il.

Mais il y a aussi la destruction de l’écosystème. Jérôme Bonieux affirme que le gouvernement veut à tout prix rentabiliser la production de poissons et, de ce fait, les responsables de la ferme n’utilisent pas forcément la nourriture que les poissons auraient mangée dans leur habitat naturel. «Nous mettons tout un système en danger à cause de l’argent.»

Produits chimiques comme nourriture pour poissons

Sacha Lagesse, un citoyen qui lutte contre le projet d’aquaculture, soutient que les poissons élevés dans des fermes cultivent des bactéries et des produits chimiques sont rajoutés à leur nourriture. «Cette nourriture abîme nos coraux», affirme-t-il. Serge Lagaillard, un pêcheur d’Anse-Jonchée qui y travaille depuis plus de 30 ans, abonde dans le même sens. Quant à Jérôme Bonieux, il est également d’avis que l’état de la mer se détériore graduellement. «Je passe souvent à Pointe-aux-Feuilles quand je fais du kitesurf. Après une heure ou deux, lorsque les poissons ont été nourris, nous voyons une forme de nappe d’huile qui se dégage sous les cages et cela descend à 200 mètres.»

Requins aux aguets

Le poisson bar, aussi connu comme loup de mer, est un type de poissons élevé dans la ferme marine. Or, il ne provient pas de nos lagons mauriciens et mange les petits poissons de nos eaux, indique Sacha Lagesse.

Pour Jérôme Bonieux, ces poissons attirent les requins car ils s’agitent dans les cages. «L’agitation dans l’eau attire les requins qui savent qu’il y a des proies potentielles dans ces eaux», souligne-t-il.

Par ailleurs, le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo, avait déclaré qu’il «n’y a aucun problème de requin car on est protégé par la barrière de corail». Or, Jérôme Bonieux soutient que «nous avons trois immenses passes de dizaines de mètres de large qui vont toutes au canal qui va de Mahébourg à l’île-aux-Cerfs. Les cages sont au milieu et sont connectées au lagon de l’île et de Pointe-d’Esny. À n’importe quel moment, des requins peuvent venir. Cela fait peur quand on entend les propos du ministre. Il n’a aucune idée de ce qu’il avance. Ce sera vraiment catastrophique pour l’industrie touristique s’il y a une attaque de requin.»

D’ajouter qu’«il y aura une chute de 25 % des ventes de billets d’avion à Maurice du jour au lendemain. À La Réunion, ils ont perdu 50 % de leurs touristes depuis quelques années.»

Manque de poissons pour les pêcheurs

Les pêcheurs, pour leur part, maintiennent qu’ils n’arrivent plus à trouver de poissons comme avant. La cause : la ferme aquacole provoquerait un déséquilibre dans l’écosystème. Selon Jérôme Bonieux, les poissons de nos lagons ne sont pas habitués avec la nourriture utilisée dans les fermes. «Cette nourriture est faite uniquement pour une certaine espèce de poissons mais peut nuire aux autres.» Propos que confirme Serge Lagaillard, qui ajoute que le nombre de poissons qu’il pêche chaque jour diminue constamment.

«Bulk Fishing» par des pelleteuses

Une fois que les poissons ont grandi, ils sont pêchés avec des filets jetés à l’aide de pelleteuses. Le but: obtenir le maximum. Les poissons sont ensuite vendus dans d’autres pays.

Text by lexpress.mu

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