Mauritius | Manufacturing & Services

February 24, 2020

Importations : Peut-on se dispenser de la Chine ?

En 2019, la Chine, premier exportateur mondial, a réalisé USD 2 382 milliards d’exportations. C’est dire le nombre de pays qui en dépendent. Mais, aujourd’hui que la deuxième économie mondiale est en panne économique à cause de l’épidémie de coronavirus, c’est toute l’industrie mondiale qui se retrouve au ralenti.

Dans une telle situation et en prévision d’autres éventuels cas similaires dans le futur où l’économie de l’Empire du Milieu pourrait à nouveau être gelée, faudrait-il dépendre uniquement et autant sur un seul pays ? Peut-on passer outre la Chine pour faire du commerce ou pour rouler son entreprise ?

Amédée Darga, directeur de Straconsult l’Africa Business Development Service (ABDS), adopte une approche tranchée : « Il n’y a pas lieu de paniquer ! » Pour lui, la Chine constitue « un élément incontournable » de l’économie mondiale et la question de savoir si on peut trouver d’autres pays alternatifs ne se pose même pas selon lui. Il se veut optimiste, en insistant sur le fait qu’il s’agit là « d’un problème passager ». Amédée Darga s’appuie sur les précédents cas d’épidémie, comme le SRAS, pour dire qu’il « n’y a pas de fondement à dire que nous sommes partis pour des années de coronavirus ». Il ajoute : « Je ne vois pas de problème pour que le commerce entre la Chine et Maurice ou avec le monde soit bloqué. » Il va même dans l’ironie en demandant si l’on « doit arrêter l’importation de la ferraille de Chine à cause du coronavirus ». Pour lui, le premier secteur impacté sera le tourisme. Autrement, « s’il y a des produits sensibles, il y aura un impact, mais je refuse de dire que tous les produits venant de Chine seront affectés ».

Soulignant également l’ampleur que représente la Chine, l’économiste Swadicq Nuthay, rappelle que ce pays pèse 17% du PIB mondial. « La Chine est l’usine du monde. C’est le plus gros exportateur de produits semi-finis », dit-il. L’étendue des dégâts, poursuit-il, dépendra de la durée du problème. Plus nuancé toutefois, il considère que s’il existe d’autres alternatives à la Chine, « cela prendra du temps pour les mettre en place ». Il poursuit : « L’on pourra importer des produits d’autres pays, mais ils seront plus coûteux. » Il souligne la vulnérabilité du secteur touristique dans un pareil contexte, non seulement dans les pays touchés, mais aussi vers les autres. « Les touristes à travers le monde peuvent hésiter à prendre l’avion même si Maurice n’est pas touchée », indique-t-il.

Pour sa part, le CEO de Star Knitwear, Ahmed Parkar, est tout aussi catégorique qu’Amédée Darga mais dans l’autre sens. « La dépendance unique sur la Chine ne devrait pas continuer », estime-t-il. S’il reconnaît que jusqu’ici il était plus facile d’avoir recours à la Chine, il n’est, selon lui, vraiment pas impossible de remplacer les fournisseurs qui s’y trouvent. « Il est possible de trouver ailleurs », dit-il. Précisant néanmoins qu’au début, « cela coûtera plus cher, car ce n’est pas du jour au lendemain qu’on trouvera des bases comme la Chine ». Et d’ajouter : « Mais il faut trouver une balance, car un jour la Chine ne sera pas disponible. Il faut avoir des alternatives en particulier en ce qu’il s’agit de produits très critiques dans la chaîne d’approvisionnement. » La situation actuelle, dit-il, est un “big eye opener” et un “awakening call” pour le monde. Il souligne aussi que la Chine n’est plus une “cheap destination” : « Il est important qu’aucun pays ne soit un “sole supplier”. »

AMÉDÉE DARGA (Directeur de Straconsult ABDS) : « Il n’y a pas lieu de paniquer ! »

Le monde dépend énormément de la Chine. Et, aujourd’hui que la Chine est « grippée », le reste du monde a attrapé le rhume. Est-il possible de ne plus dépendre de l’Empire du Milieu ou d’en dépendre moins ? La Chine est-elle vraiment indispensable ?

Pour moi, la question ne se pose pas. La Chine est un élément incontournable dans l’économie internationale, de par le fait qu’elle exporte toute une variété de produits et de services et qu’elle importe aussi énormément du monde. Si, effectivement ses flux sont bloqués, cela aura un impact désastreux sur le monde. Mais la question ne se pose pas ni pour le monde ni pour Maurice, car c’est sur le court terme. Seuls certains produits sont concernés. Dans le passé, il y a eu des situations similaires, comme le SRAS. La question ne se pose donc pas, à moins que ce soit une catastrophe et que le coronavirus devait durer plus longtemps. Je ne suis ni scientifique ni médecin. Certains produits pourraient être affectés, mais je ne vois pas de problème pour que le commerce entre la Chine et Maurice ou avec le monde soit bloqué.

Et si le problème en Chine devait durer plus longtemps justement…

Cela relève du domaine de la spéculation médicale. Pourquoi faire une telle spéculation ? Quand on est confronté à une telle situation, il faut faire le suivi semaine par semaine, mois par mois.

Des prévisions ne sont-elles pas de mise pour parer à des situations problématiques ?

Au vu de l’historique des problèmes médicaux, qui se sont déroulés dans le passé, il n’y a pas de fondement à dire que nous sommes partis pour des années de coronavirus. Pour moi, il est trop tôt. Il ne faut pas faire de spéculation. Il n’y a pas lieu de paniquer. Il est juste nécessaire d’avoir une veille très étroite pour comprendre comment les choses évoluent et bien faire la distinction aussi entre ce qui peut être importé et ce qui peut ne pas être importé de Chine.

Quels sont justement ces produits qui peuvent être importés d’autres pays ?

La question est trop vaste. Évidemment, on peut trouver des pays alternatifs, mais le temps que les commerçants trouvent des fournisseurs alternatifs, cela causera un retard sur l’approvisionnement des produits. Il faut voir quels produits spécifiquement. Par exemple, la ferraille de Chine. Est-ce qu’on doit arrêter l’importation de la ferraille de Chine à cause du coronavirus ? Il ne faut pas tomber dans le déraisonnement !

Oui, mais si l’on devait prévoir sur le long terme, ne serait-il pas judicieux de songer à d’autres pays en vue de diminuer la surdépendance sur la Chine ?

En ce qu’il s’agit de certains produits, oui. Maurice est déjà très ouvert sur le plan commercial. Par exemple, les produits électroménagers. On en importe de Chine, du Japon, de la Turquie… Dans certains cas donc, oui. Mais, le commerce se fait sur une base très simple : la compétitivité des produits. Ce qui est important de savoir, c’est simplement si les produits importés sont de bonne qualité et sont offerts à de bons prix. Et, s’il y a d’autres pays qui proposent ces deux aspects, les commerçants vont le trouver !

Certains commerçants appréhendent une rupture de leur stock d’ici avant la fin de l’année si le problème de coronavirus perdure…

Encore une fois, il ne faut pas faire de spéculation. Quand il y avait le SRAS, il y avait une panique, mais le problème s’est rapidement dissipé. Il ne faut pas rentrer dans la déraison pour dire que les produits de Chine ne peuvent plus être importés. Pourquoi les produits ne pourraient-ils pas être importés ? À cause de la contamination ? Combien de temps le bateau prend-il avant d’arriver dans le pays ? Est-ce que le virus est transportable ? Laissons les médecins et l’OMS faire leur travail. Gardons juste une veille et faisons le suivi.

Quelles sont vos prévisions de l’impact de cette panne en Chine sur le tourisme et l’économie en général à Maurice ?

Jusqu’ici, il n’y a pas eu de gros impacts. Le premier est surtout sur le mouvement des gens. Les personnes voyagent moins parce qu’il y a plus de restrictions et de contrôles. Le premier impact, donc, c’est sur le tourisme, sur l’aviation, sur tous les moyens de transport internationaux. S’il y a des produits sensibles, il y aura un impact, mais je refuse de dire que tous les produits venant de Chine seront affectés.

SWADICQ NUTHAY (Économiste) : « La Chine est l’usine du monde »

Le monde dépend énormément de la Chine. Et, aujourd’hui que la Chine est « grippée », le reste du monde a attrapé le rhume. Est-il possible de ne plus dépendre de l’Empire du Milieu ou d’en dépendre moins ? La Chine est-elle vraiment indispensable ?

La première chose qu’il importe de retenir, c’est que le poids de la Chine, dans l’économie mondiale, représente presque 17% du PIB mondial. C’est la deuxième puissance économique mondiale. Il est clair qu’il y aura un impact dont le degré dépendra de la gravité de la situation, de la durée de l’épidémie, de l’éventualité que l’on trouve ou non un vaccin dans les jours ou les semaines à venir. Donc, l’étendue des dégâts dépendra de la durée du problème. On n’en est pas encore au stade de pandémie, mais il y a beaucoup d’enjeux qui dépendent de la manière dont la situation évoluera. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la Chine est l’usine du monde. C’est le plus gros exportateur de produits semi-finis. Quand on a une situation pareille, il y a définitivement un impact sur les produits. Les fabricants à travers le monde se retrouvent avec une rupture dans leur chaîne de production.

La Chine est donc indispensable pour les commerçants ?

Le problème, ce n’est pas qu’elle soit incontournable. Pourquoi se tourne-t-on vers la Chine ? Parce que les produits sont moins coûteux. S’il existe d’autres alternatives, cela prendra du temps pour les mettre en place. Prenons l’exemple de produits textiles. Si à la place de la Chine, on importe de la Turquie, les prix seront bien plus élevés. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on peut changer sa source d’approvisionnement. Aujourd’hui, nos importations manufacturières et électroniques sont essentiellement de la Chine…

Quels sont les secteurs qui seraient les plus touchés à Maurice si la situation durait plusieurs mois encore ?

Le tourisme est le secteur qui est certainement le plus à risque, non seulement par rapport aux touristes, qui viennent de Chine, mais dans l’éventualité où il y a une pandémie, est-ce que les touristes à travers le monde seront toujours partants pour partir en vacances ? Ils peuvent hésiter à prendre l’avion même si Maurice n’est pas touchée, car le risque d’être contaminé n’est pas limité à un pays. Le mode de contamination existe lors des transits dans les aéroports et les avions ou bateaux de croisière. Cela aura un impact sur la décision des voyageurs de partir en vacances. En tant que destination touristique, on n’est pas à l’abri. Il ne faut pas oublier que le secteur manufacturier pourrait sérieusement être affecté, car beaucoup de nos produits semi-finis proviennent de la Chine. Ensuite, il y a le commerce qui est aussi concerné.

Qu’en est-il de l’impact sur notre croissance économique ?

Il est un peu trop tôt pour faire une évaluation. Il est prématuré de faire des prévisions. Il n’y a pas que Maurice, mais le monde est affecté. Et, ce n’est pas que la Chine, mais l’Asie dans son ensemble est en zone rouge. On souffrira de cela malheureusement. L’on pourra importer des produits d’autres pays, mais ils seront plus coûteux. Les modes de transport internationaux comme les cargos connaîtront probablement des turbulences.

L’Afrique, forte de ses ressources humaines, pourrait-elle un jour remplacer la Chine ?

Tout est aujourd’hui quetion de technologie. On parle davantage aujourd’hui d’aller vers la robotisation et l’intelligence artificielle. Tout ce qui est secteur manufacturier bougera vers l’industrie 4.0, soit la technologie de pointe qui contrôlera toute la production. Pour y arriver, il faut beaucoup d’investissements dans ces technologies. Est-ce que les investisseurs investiront ? Tout dépend de ce que l’Afrique offre en retour. Aujourd’hui, le secteur manufacturier, ce n’est pas seulement la main-d’œuvre bon marché. On bouge vers l’industrie 4.0. C’est cela le futur.

Avec l’industrie 4.0, le secteur manufacturier serait donc moins dépendant des importations de la Chine ?

Oui, mais ce n’est pas pour demain. Les pays riches bougent graduellement vers la nouvelle révolution industrielle…

Serait-il bon néanmoins que Maurice, à l’avenir, ne mette pas tous ses œufs dans un même panier et cherche d’autres pays d’importation où les prix sont relativement compétitifs pour parer à d’autres événements imprévus de la sorte à l’avenir ?

Au bout du compte, c’est la loi du marché, c’est-à-dire l’offre et la demande ou encore le rapport qualité-prix qui déterminent le choix de nos importations.

AHMED PARKAR (CEO de Star Knitwear) : « Avoir des alternatives est la seule solution ! »

Le monde dépend énormément de la Chine. Et, aujourd’hui que la Chine est « grippée », le reste du monde est enrhumé. Est-il possible de ne plus dépendre de l’Empire du Milieu ou d’en dépendre moins ?

Bien sûr. C’est un argument qui évolue depuis assez longtemps, mais les clients ne sont pas toujours au courant des risques. Avec le problème que connaît actuellement la Chine, nous l’avons vu, cela affecte beaucoup de personnes, que ce soit dans le secteur alimentaire, le textile et bien d’autres industries. C’est quelque chose qu’on ne souhaiterait pas à un autre pays. La dépendance unique sur la Chine ne devrait pas continuer. Je pense que ce qui se passe créera une nouvelle approche, non seulement pour le textile, mais aussi pour les autres secteurs. Il y a beaucoup de fournisseurs du secteur textile comme ceux des étiquettes de prix qu’il n’est vraiment pas impossible de remplacer. Mais, jusqu’ici, c’était plus facile d’avoir recours à la Chine. Les clients avaient centralisé leurs fournisseurs en Chine, qui était alors vue comme un fournisseur exclusif pour tout le secteur. Pour changer cette mentalité, cela prendra du temps. N’empêche, beaucoup d’accessoires peuvent être fabriqués à Maurice, en Afrique du Sud, etc. La dépendance sur la Chine aujourd’hui est incroyable. Il est vrai que, pour certains autres produits, aucun autre pays ne peut concurrencer avec la Chine. Tout est bien organisé, bien structuré. Mais, il est possible de trouver ailleurs.

Quels sont les pays alternatifs sur lesquels l’on pourrait s’appuyer davantage pour ne plus dépendre que de la Chine ?

Il y a la Turquie, la Thaïlande, le Vietnam, l’Afrique du Sud, l’Angleterre ou l’Italie. Mais, la Chine était jusqu’ici plus pratique. Toutefois, je pense qu’il n’y a aucun pays qui soit spécialisé dans un seul produit. Je pense que c’est facile pour la Chine, car elle contrôle 80% des produits accessoires dans le textile. Mais, en Europe, on trouve aussi des fournisseurs d’accessoires. Toutefois, les clients trouveront toujours à redire en ce qui concerne les prix. Au début, cela coûtera plus cher, car ce n’est pas du jour au lendemain qu’on trouvera des bases comme la Chine. Mais, il faut trouver une balance, car un jour la Chine ne sera pas disponible. Il faut avoir des alternatives, en particulier en ce qu’il s’agit de produits très critiques dans la chaîne d’approvisionnement. Si l’usine ne peut opérer durant deux ou trois mois, ce sera la fermeture… La situation actuelle est un “big eye opener”, un “awakening call” pour le monde ! Il est important qu’aucun pays ne soit un “sole supplier”. La seule solution, c’est d’avoir des alternatives. Aujourd’hui, il y a un problème de virus, demain il peut y avoir un problème social ou une catastrophe naturelle. J’ai appris par exemple que l’ail vendu à Maurice provient principalement de Chine. C’est déjà un risque pour moi, en termes d’hygiène alimentaire. On sait qu’il y a des lacunes au niveau des normes alimentaires en Chine. Il faut une diversification au niveau des fournisseurs.

Avez-vous déjà d’autres fournisseurs que la Chine ?

Oui, on a d’autres fournisseurs, mais c’est vrai que, pour l’instant, on a des difficultés à trouver certains produits ailleurs.

Ce problème de coronavirus en Chine affecte-t-il votre usine ?

Oui, cela nous affecte par rapport à certains accessoires, mais on arrive à trouver des fournisseurs même si cela coûte plus cher. Nous avons décidé de les diversifier. Parfois, on ne réalise pas, on fonctionne par habitude. C’est quand il y a une crise qu’on revoit ses habitudes. Jamais avant n’avait-on pensé que la Chine entière pourrait être bloquée… Bien sûr, cela affecte notre usine. On doit réorganiser notre planning pour arriver à livrer nos commandes. Cela affecte tout le monde. Mais, un pays comme le Sri Lanka, par exemple, n’a plus de tissu du tout, car la Chine n’a pu en faire la livraison. Contrairement à Maurice, où l’on fabrique nos propres tissus, eux en importent. Il y a eu l’année chinoise qui a duré deux semaines en Chine et le problème du coronavirus. Pour le Sri Lanka donc, c’est catastrophique. Le Vietnam aussi se retrouve dans une situation difficile, car ils importent 90% de leurs tissus de Chine. Heureusement, tel n’est pas le cas pour Maurice.

Quel sera, selon vous, l’impact de cette panne de la Chine sur l’industrie du textile à Maurice ?

Je pense qu’il y a un impact, mais aussi que cela sera résolu dans les deux prochaines semaines. Sans voir là le fait de profiter du malheur des autres, Maurice pourrait se retrouver avec quelques bénéfices. Les clients pourraient acheter avec Maurice.

Quelle leçon tirez-vous de cette situation ?

Je pense que c’est une leçon pour les grands pays qui ont toujours cherché leur intérêt, la facilité, les prix les plus bas et qui n’avaient jusqu’ici pas une certaine vision. Ce problème vient montrer qu’on a des pressions du marché et qu’on ne peut se fier sur un seul pays, au risque d’avoir une panne dans la chaîne de production. C’est un “wake-up call” pour le monde. Aucun pays ne devrait être le fournisseur unique de certains produits. Il n’y a aucune raison pour qu’un seul pays soit dominant. En ce qui concerne mon entreprise et mes attentes, je pense qu’il faut mettre en place une stratégie sur le long terme pour dévier ces risques et idem au niveau mondial. S’agissant des prix, on peut trouver des pays avec des prix aussi compétitifs, car la Chine n’est pas aussi bon marché qu’autrefois. Le coût de la main-d’œuvre et celui des opérations ont augmenté. La Chine n’est plus une “cheap destination”. Parfois, c’est même bien plus cher quand on compare les prix. Autrefois, c’était bon marché, mais tel n’est plus le cas.

Text by Le Mauricien
 

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