Saint-Brandon : Problématique remorquage du Yu Feng No 67 de l’Ile du Sud

1 month, 3 weeks ago - December 14, 2022
Saint-Brandon, Échouage du Yu Feng: Wakashio bis?
Des contacts établis au niveau des pays amis de la région, avec l’incapacité de la MPA de procéder seule à cette Salvage Operation

Une Preliminary Inquiry confiée au capitaine Jean Hubert Noël pour déterminer les causes de cette Casualty

Les autorités maritimes du pays se retrouvent avec un nouveau casse-tête chinois à résoudre dans les plus brefs délais, soit le remorquage du bateau de pêche taïwanais Yu Feng No 67, prisonnier d’un récif à Saint-Brandon depuis lundi dernier. Cette situation est devenue encore plus délicate après que l’agent local du chalutier, la Chang Fong Marine & Shipping Ltd, a informé le ministère de l’Economie bleue et des Fisheries que le propriétaire, Lee Tsang Fishery Co Ltd, aussi bien que son assureur avaient rompu leur association. Face à ce développement, les autorités  mobilisent leurs contacts régionaux avec les pays amis en vue de monter au plus vite la Salvage Operation.

Une opération a en effet été menée samedi et a permis à ramener à Maurice 20 membres d’équipage, des Taïwanais, Indonésiens et Philippins, du Yu Feng à bord du CSG Barracuda, navire de la National Coast Guard (NCG). Le chalutier, qui a à son bord 78 000 litres de diesel, est depuis lundi dernier coincé sur un récif du côté de l’Île du Sud, à Saint-Brandon. Les marins du bateau de pêche taïwanais ont été ramenés sains et saufs, à l’exception d’un d’entre eux, qui a été transporté à l’hôpital, car il ne se sentait pas bien à son retour.

Pour l’heure, les raisons du naufrage de ce bateau de pêche sur les récifs de Saint-Brandon sont encore inconnues. Bien que les papiers du bateau soient en règle et qu’il avait l’autorisation de naviguer dans les eaux mauriciennes, une Preliminary Inquiry, selon les dispositions légales de la Merchant and Shipping Act, a été confiée au capitaine Jean Hubert Noël, avec le recueil des versions des membres de l’équipage.

Le capitaine et son adjoint seront ainsi interrogés pour savoir si le bateau de pêche a été notifié par la garde-côte nationale alors qu’il fonçait tout droit sur Saint-Brandon, soit après qu’il ait franchi le périmètre de 12 miles nautiques autour de l’île. Si, du côté de la NCG, on affirme avoir tenté en vain d’établir une ligne de communication avec le capitaine du bateau taïwanais, des interrogations subsistent également quant à la vitesse que la garde-côte mauricienne a pris les choses en mains, permettant que le bateau se rapproche dangereusement de Saint-Brandon.

Dans la conjoncture, les autorités mauriciennes font face à une situation qualifiée de « sans précédent », le propriétaire taïwanais du Yu Feng, Lee Tsang Fishery Co Ltd, ayant en effet officiellement informé son agent local, Chang Fong Marine & Shipping Ltd, qu’il n’était plus son représentant, de même que l’assureur du chalutier. Des questions se posent afin de savoir qui prendra en charge les opérations de renflouage ainsi que l’équipage.

Pour autant, entre-temps, on s’active pour mettre en place l’opération de remorquage, la Salvage Operation. Selon nos recoupements, les nouveaux Tugs de la Mauritius Ports Authority auraient pu faire l’affaire, mais visiblement, selon les sources avisées, il y aurait un manque de personnel apte à mener à bon port cette mission délicate.

On laisse entendre que durant ces 48 heures, des contacts sont mobilisés afin d’obtenir de l’aide de pays amis de la région pour cet exercice de renflouage et le remorquage du navire à Port-Louis, « dans les plus brefs délais », afin d’éviter toute incidence écologique et marine. Cette Salvage Operation risque d’ailleurs d’être très compliquée en raison des mauvaises conditions météorologiques annoncées dans cette région de l’océan Indien.

En outre, le chalutier contient 78 000 litres de diesel. Pas moins de 80 tonnes d’appâts ont été jetées à l’eau pour réduire le poids du bateau. Sauf que, ce faisant, cela a attiré des requins, ce qui compliquera davantage les opérations autour du chalutier.

Saint-Brandon - Échouage du Yu Feng: Wakashio bis ?

Il a des tonnes de carburants à son bord. Le propriétaire a abandonné le bateau. Cela fait plus d’une semaine qu’il s’est échoué au large de l’archipel. Et si les autorités affirment le contraire, des témoins affirment que le diesel a atteint la plage… Ça ne vous rappelle rien ?

5 décembre-13 décembre. Cela fait plus d’une semaine que le Yu Feng, bateau de pêche battant pavillon taïwanais, est drossé sur les récifs de l’île du Sud, à proximité de Saint-Brandon. Il était sorti pour une campagne de pêche le 3 décembre lorsqu’il s’est retrouvé en difficulté. Pendant ce temps, le propriétaire a abandonné son bateau, le laissant ainsi «entre les mains» des autorités mauriciennes. Il a non seulement résilié le contrat de son représentant local mais également celui de son assureur. Et ce n’est pas le pire…

D’abord, revenons sur ce qui s’est passé jusqu’à présent. Si l’on se fie aux dires des autorités, la National Coast Guard (NCG) a dépêché le CGS Barracuda à Saint-Brandon, pour ramener les 28 membres d’équipage qui se trouvaient à bord du Yu Feng. Selon la NCG toujours, quelque 60 mètres de booms anti-pollution ont été déployés en cas de fuite d’hydrocarbures. Un Incident Command Post installé sur l’île du Sud permet de surveiller le bateau.

À hier, selon les autorités, il n’y avait aucune fuite. Il n’y a pas d’oil spill, assurent-elles. Mais selon des témoins, il s’avère qu’il y a bel et bien eu un déversement de diesel, qui a atteint la plage jeudi matin, comme en témoignent les photos que l’on publie ci-dessus. Des étendues noirâtres sont ainsi visibles sur le sable, on en trouve des traces ici et là. On parle aussi d’une odeur de diesel qui émane du site du naufrage.

S’il est vrai que le diesel est volatil et qu’il s’évapore rapidement, n’empêche qu’il a des effets sur la faune et la flore, alors que le lagon autour de l’archipel pullule de poissons. «Si d’aventure ce diesel se rependait dans l’eau, sa nature volatile aidera à une évaporation rapide mais en causant quand même, de par ses composantes, des dégâts à la flore et à la faune marine», écrit Alain Malherbe, directeur général d’Island Maritime Services, sur sa page Facebook.

Vassen Kauppaymuthoo, ingénieur en environnement, parle, lui, de l’écosystème marin de SaintBrandon qui est «unique et riche en biodiversité et qui est de ce fait très fragile». Selon lui, le naufrage d’un bateau sur les récifs à cet endroit représente un danger réel. «Cet archipel est isolé et ces bateaux contiennent du diesel ainsi que des appâts pour la pêche et quelques fois des prises. La peinture anti-algues utilisée pour la coque est aussi souvent toxique car ces embarcations ne se soumettent pas à la réglementation internationale contre les TBT», explique-t-il. L’ingénieur estime qu’il faut suivre la situation de près car même si Saint-Brandon a connu nombre de naufrages par le passé, celui du Yu Feng suscite l’inquiétude.

Urgence et frayeur encore

D’où l’urgence d’enlever l’épave au plus vite. Du coup que deviendra-t-elle ? Sera-t-elle transformée en récif artificiel ? Les autorités vont-elles élaborer un plan de sauvetage ? Et cela aux frais des contribuables ? Autant de questions qui méritent des réponses. Mais nos appels au ministère des Affaires maritimes sont restés sans réponse. Cependant, selon une source, aucune décision n’a été prise pour le renflouage du Yu Feng.

Joint au téléphone, Alain Malherbe dira que c’est à Maurice de prendre les dispositions appropriées. «La MPA n’a pas déployé de remorqueur pour le renflouage. C’est le directeur du Shipping qui doit réquisitionner les remorqueurs mais l’ordre doit venir du PMO», souligne-t-il. Pour lui, cet incident ressemble beaucoup à celui du Wakashio. Il rappelle qu’alors, l’ex-Port Master avait affirmé durant le naufrage du vraquier japonais que «les remorqueurs sont conçus pour opérer uniquement dans les limites portuaires». De faire ressortir qu’un de ces remorqueurs «portuaires» (NdlR,le sir Gaëtan avait prêté mainforte pour le nettoyage sur le site du Wakashio à Pointe-d’Esny) a sombré au large de Poudre-d’Or et que «quatre innocents» ont perdu la vie.

Pour rappel, le désormais tristement célèbre MV Wakashio, vraquier nippon battant pavillon panaméen, s’est échoué sur les récifs de Pointe-d’Esny le 25 juillet 2020. Il avait à son bord 3 894 tonnes métriques de fioul à faible teneur en soufre, 207 tonnes métriques de diesel et 90 tonnes métriques d’huile lourde. Ce drame restera graver dans les annales comme un des pires accidents maritimes s’étant produits au large les côtes mauriciennes.

Le Wakashio était resté 12 jours sans que les autorités ne réagissent alors que le pays se trouvait en confinement à cause du Covid19. Face à l’inertie des autorités, le vraquier se dégradait au contact de l’eau saline et la coque heurtait violemment les récifs. S’ensuivie le 6 août, la pire catastrophe écologique de l’histoire du pays. Environ 1 000 tonnes d’hydrocarbures se sont déversées dans le lagon.

La similitude avec l’incident du Wakashio ne se résume pas avec sa cargaison de carburants. Même si le Yu Feng contient 7 tonnes d’huile et 70 tonnes de diesel dans ses réservoirs, c’est surtout l’inaction des autorités que dénoncent les détracteurs, qui affirment que celles-ci n’ont pas retenu la leçon. «Comment se fait-il qu’après une semaine le bateau est toujours prisonnier des récifs ?» lance un membre de l’opposition. Il est très critique envers la NCG. «Leur radar ne fonctionne pas. Les deux bateaux postés à Saint-Brandon ne sont pas opérationnels. Pourquoi la NCG n’a rien détecté ? Pourquoi la NCG n’a pas participé au sauvetage ?»

L’inspecteur Shiva Coothen, porte-parole de la police, monte lui aussi au créneau. «Il n’y a pas de radar à Saint-Brandon. La NCG a vu sur l’AIS que le bateau s’était immobilisé.» D’ajouter : «Les bateaux de la NCG sur place fonctionnent.» À savoir que dans une déclaration à la presse samedi, le SP Veerasamy avait fait ressortir que, le 5 décembre, la NCG avait tenté en vain d’établir une ligne de communication avec le capitaine du bateau taïwanais.

L’on se souvient que lors du naufrage du Wakashio, les nombreux appels de la NCG sont restés sans réponse. D’ailleurs, lors des travaux de la cour d’investigation pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame, des incohérences ont été notées dans les dépositions des officiers chargés de la surveillance maritime. L’inspecteur Mahendra Nundlall, qui était Officer in Charge à l’Operations Room de la NCG le 25 juillet 2020, avait concédé qu’il y a eu des lacunes lors de la surveillance du vraquier, pointant du doigt les officiers chargés de scruter le C-Vision et ceux du CSRS de Pointe-du-Diable.

Le bateau de pêche Yu Feng abandonné au large de Saint Brandon : ‘Les autorités mauriciennes ont un mandat d’agir au plus vite, selon la Merchant Shipping Act’ , dit Khushal Lobine

Les services de l’homme de loi avaient été retenus par l’assureur du Wakashio ainsi que par les membres de l’équipage du navire qui avait fait naufrage à Maurice en 2020.

Khushal Lobine explique que dans le cas du Yu Feng, battant pavillon taiwanais, les autorités mauriciennes ont le devoir d’agir au plus vite, selon les provisions de la Merchant Shipping Act.

Il explique que le propriétaire du Yu Feng a abandonné son navire. Ainsi, tous les coûts associés au renflouage du navire reviendront au gouvernement. Toutefois, Maurice pourra toujours faire des réclamations ultérieurement.

Me. Lobine ajoute aussi qu’il n’est pas l’heure de situer les responsabilités en cas d’une fuite.

Le plus important est d’éviter une catastrophe écologique. Pour cela les autorités concernées doivent prendre les choses en main au plus vite.

Bateau de pêche prisonnier des récifs à St-Brandon : ‘‘Dan le cas ou li finn déclaré kuma ene bato kine fer naufrage, c’est la responsabilité de l’État de décider koi fer,’’ explique Alain Malherbe

L’île Maurice se retrouve à présent avec un nouveau dilemme notamment avec le remorquage du bateau de pêche taïwanais Yu Feng No 67, prisonnier d’un récif à Saint-Brandon depuis lundi dernier. D’autant plus que son propriétaire, Lee Tsang Fishery Co Ltd, ainsi que son assureur ont rompu leur association.

Alain Malherbe, expert maritime, souligne qu’il avait tiré la sonnette d’alarme depuis samedi dernier que les propriétaires du bateau allaient l’abandonner.  Il explique que désormais, sa responsabilité incombe au ministère de l’Économie bleue, des Ressources marines, de la Pêche et de la Marine.

Alain Malherbe se demande si le bateau a été déclaré comme naufragé. Si oui, insiste-t-il, encore une fois, sa responsabilité revient à l’État qui doit tout faire pour empêcher une catastrophe écologique, dit Alain Malherbe.

Text by Le Mauricien

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